Une approche centrée sur l’humain
Basée sur les données d’une enquête populationnelle réalisée en 2018 et des données de surveillance des tiques collectées depuis 2007, cette représentation intégrée du risque fournit un indice de vulnérabilité et de priorisation pour orienter la prévention de la maladie de Lyme.
«Nous espérons que cette carte constituera un outil simple et accessible pour aider les différents intervenants en santé publique à mesurer de façon quantitative le risque et à cibler les municipalités, mais aussi les actions à poser qui y correspondent», indique la Dre Bouchard, également vétérinaire épidémiologiste à l’Agence de la santé publique du Canada.
Les chercheuses ont constaté qu’une forte proportion de tiques ne veut pas nécessairement dire un risque élevé de transmission quand les mesures préventives sont bien ancrées et adoptées.
«Quand les gens savent comment se protéger, grâce à des messages diffusés depuis plusieurs années, les infections sont moindres, note la Dre Aenishaenslin. Mais pour ce qui est des recommandations plus récentes, leur adoption peut prendre davantage de temps. C’est la raison pour laquelle cette carte est pertinente: en combinant les informations sur les tiques et sur les résidants, on peut ensuite déterminer par régions quelle devrait être la nature de l’intervention: faut-il renforcer les communications par rapport aux comportements préventifs? Ou faudrait-il plutôt élaborer des interventions pour diminuer le nombre de tiques infectées dans l’environnement?»
Ainsi, les chercheuses ont voulu réfléchir sur la prévention de la maladie de Lyme dans une perspective Une seule santé (One Health) en réunissant les facteurs de risque comportementaux et environnementaux. «L’approche centrée sur la réduction des risques de la maladie est combinée avec une approche de promotion de la santé visant à concevoir en amont des solutions durables», précise la Dre Bouchard.