Du cynisme au journalisme
Pourfendeurs d’ecclésiastiques, de politiciens comme de la brutalité policière, Les Cyniques font un tabac: leur humour provocateur défiant l’autorité est un véritable défouloir et attire les foules.
«Les Cyniques disaient tout haut ce que les gens pensaient tout bas et nos spectacles affichaient salle comble, tellement que nous devions refuser du monde à la porte, se remémore Marc Laurendeau. Cela a contribué à créer le mythe autour des Cyniques!»
Leur renommée a tôt fait de franchir les murs de l’Université. Et ce qui devait n’être qu’un projet parascolaire de quelques mois durera 11 ans. Jusqu’en 1972, Les Cyniques feront de multiples tournées à travers le Québec, allant de boîtes à chansons en cabarets, puis en salles de spectacle, produisant au passage huit disques d’humour (y compris l’album double Exit), en plus de tourner un film (IXE-13) et de rebondir en tête d’affiche du Bye-Bye 1971.
D’un commun accord, les quatre compères prennent des chemins différents en 1972. Au gré de plusieurs séjours à l’étranger effectués antérieurement, Marc Laurendeau choisit la voie du journalisme, motivé par un ardent désir d’informer et d’éclairer le public sur les enjeux de société dont il est témoin.
Tandis qu’il est chroniqueur, puis éditorialiste au défunt quotidien Montréal-Matin et qu’il tient le micro à CKAC, il est à la maîtrise en science politique à l’Université de Montréal, où il dépose son mémoire en 1973. Intitulé «La violence politique au Québec», son projet de recherche repose notamment sur le témoignage d’anciens membres du Front de libération du Québec.
La rigueur de Marc Laurendeau et le regard perçant qu’il porte sur l’actualité le mènent dans plusieurs médias, dont Télé-Québec et Radio-Canada, ainsi qu’à La Presse et à L’actualité. Ensuite, il sera responsable pendant 22 ans de la revue de presse à l’émission du matin de la radio de Radio-Canada, aux côtés d’abord de Joël Le Bigot, puis de René Homier-Roy.