Une question d’intensité et d’anxiété
À la lumière de ses résultats, Jean-Sébastien Audet constate que, chez les personnes souffrant d’un TOC, les pensées intrusives sont plus fréquentes, elles durent plus longtemps et mènent à un besoin d’agir – la compulsion – pour les neutraliser.
Le chercheur insiste sur la détresse importante que provoquent les idées intrusives liées à un TOC. «Les pensées suscitent une culpabilité plus grande que dans les autres troubles anxieux. Elles sont également ressenties comme plus désagréables, plus inacceptables, plus incontrôlables et associées à une plus vive inquiétude quant à la possibilité que l'idée devienne réalité», précise-t-il.
Cette détresse s’explique notamment par la dissonance entre le contenu des idées et la perception de soi. C’est particulièrement le cas lorsque les personnes ont des pensées «interdites» comme «Peut-être suis-je un meurtrier ou un pédophile», mais qu’au fond elles n’ont aucune envie de tuer ou d’agresser des enfants.
«Les patients qui souffrent d’un TOC vont penser qu’ils pourraient être la cause d’un danger – par exemple se faire voler ou tomber malades parce qu’ils ont été négligents – alors que ceux qui souffrent de dépression ne croient pas qu’ils sont dangereux, mais plutôt qu’ils n’ont pas de valeur, et ceux vivant avec un trouble anxieux se perçoivent comme des victimes du danger», ajoute Jean-Sébastien Audet.