Une question de contexte?
Le projet des deux chercheuses s’inscrit dans le champ de la sociolinguistique cognitive; il vise à rendre compte d’une variation linguistique dans un contexte social à l’aide d’un cadre explicatif cognitif. «Nous voulons analyser la façon dont nos participantes et participants parlent, mais aussi comprendre pourquoi ils adoptent les traits québécois et s’ils le font de manière consciente ou inconsciente», précise Julie Auger.
Dans cette optique, chaque personne est interviewée par deux enquêtrices – une Française et une Québécoise – pour voir si l’utilisation de traits québécois varie en fonction de l’identité de l’interlocutrice.
«Nos résultats préliminaires montrent que, de manière générale, il y a plus de traits québécois dans l’entrevue avec l’enquêtrice québécoise. C’est plutôt sans surprise, puisque l’humain change souvent inconsciemment sa façon de parler pour “converger” vers celle de son interlocuteur», indique la professeure.
Par contre, les chercheuses ont été étonnées de constater que, pour la prononciation du a en fin de mot, les hommes font preuve d’une plus grande adaptation à l’accent de l’enquêtrice que les femmes.
«C’est surprenant, car plusieurs études donnent à penser que les femmes sont davantage caméléons, dans un sens positif, que les hommes. Est-il possible que ce soit dû au fait que les enquêtrices sont des femmes âgées de 25 à 35 ans? Si nos enquêtrices avaient été de jeunes hommes, est-ce que ce serait les femmes qui auraient modifié le plus leur façon de parler?» questionne Julie Auger.