«Quand on pense au communisme ou au socialisme, on a souvent en tête des modèles qui se sont imposés. Dans le cas du socialisme, ce sont par exemple ceux de l’État-providence et du keynésianisme. Dans le cas du communisme, on pense à l’archétype de l’État stalinien, du parti centralisateur, autoritaire, dictatorial qui repose sur un appareil hautement répressif et policier», déclare Marie-Josée Lavallée, chargée de cours au Département d’histoire de l’Université de Montréal.
Commissaire d’une exposition sur le socialisme et le communisme dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, elle a mis en lumière des aspects moins explorés de ces mouvements sociaux à travers une série d’affiches électorales et d’affiches allemandes de propagande imprimées de 1918 à 1922, très rarement exposées en Amérique du Nord.
Cette exposition fait suite au colloque international «Différentes nuances de rouge: redécouvrir la pluralité du socialisme et du communisme en Europe au 20e siècle», qu’elle a organisé l’automne passé. Apprenant qu’une vaste collection d’affiches de guerre étaient conservées à l’Université, elle les a consultées et a bénéficié de l’aide précieuse de Mathieu Thomas, bibliothécaire à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales de l’UdeM, pour leur sélection et de celle de Marie-Josée Lapalme, technicienne en muséologie, pour le montage de l’exposition.
Dix-huit affiches de la collection de la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales de l’UdeM sont ainsi montrées au public dans la salle de consultation jusqu’au 1er mars. Traduites en français et contextualisées, elles permettent de comprendre la naissance de la première république allemande et, au-delà, d’y entrevoir les germes du fascisme qui suivra.