Cette modernité se voit également dans les décors constitués d’images et de projections vidéos. «Dans La flûte enchantée, il y a beaucoup de lieux différents, les personnages évoluent, ils traversent des épreuves, du feu, des tempêtes, et la vidéo nous fait voyager plus facilement», indique le metteur en scène, qui a travaillé avec Gabriela Hébert pour la conception des décors. «Quand l’opéra commence, Tamino est poursuivi par un serpent géant. J‘ai demandé à Gabriela qu’on le sente sans la projection d’un serpent sur les écrans. Je voulais une approche plus métaphorique, plus poétique», dit-il pour donner un aperçu de la facture visuelle du spectacle.
L’étudiante de la Faculté de musique de l’UdeM a fait la connaissance de Patrick R. Lacharité à travers ce projet. «On s’entend super bien. Nos démarches sont différentes, mais on voulait tous les deux apporter de la modernité à l’œuvre de Mozart», mentionne-t-elle. Gabriela Hébert ajoute que son principal défi était de représenter en images des lieux décrits de façon détaillée dans l’opéra. «C’était un énorme travail de précision, mais ce n’était pas difficile parce que j’étais très inspirée», souligne l’étudiante et artiste multidisciplinaire qui a à son actif des collaborations avec le Musée national d’art de Roumanie, Tangente et la Société des arts technologiques.
D’ailleurs, c’est en voyant les interprètes de la production en répétition, aussi étudiantes et étudiants de la Faculté de musique de l’Université, qu’elle a été le plus inspirée. «Je trouvais important d’assister aux répétitions, surtout quand les solistes font des enchaînements, parce que ça aide dans le travail collaboratif. Quand on rencontre les interprètes, on établit un lien qui se voit dans le produit fini», soutient celle qui contrôlera les images et projections vidéos en temps réel. Cette décision a été prise pour qu’il n’y ait pas de décalage entre le visuel et la musique jouée par l’OUM. «Mon travail est métrique, alors qu’en musique il y a des points d’orgue qui peuvent durer plus ou moins longtemps», observe-t-elle. Elle assurera ainsi la symbiose entre le visuel et la musique. «Je ne veux pas imposer quelque chose au public, mais j’espère lui faire oublier la salle pour un moment et le plonger dans un monde complètement imaginaire», conclut-elle.