Le projet est né en 2021, à la suite d’une discussion avec l’Opéra de Montréal, qui souhaitait réfléchir à de nouvelles formes artistiques et à de nouveaux lieux de diffusion pour l’art lyrique.
Dirigé par la compositrice Ana Sokolović, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en création d’opéra et professeure à la Faculté de musique de l’UdeM, le projet réunit sa collègue de la faculté Zoey Cochran ainsi qu’Olivier Asselin, professeur au Département d’histoire de l’art, de cinéma et des médias audiovisuels, et Marie-Josèphe Vallée, professeure à l’École de design de la Faculté de l’aménagement.
L’une des questions phares au cœur de cette démarche est celle de la présence. Alors que la diffusion d’un spectacle sur un écran en deux dimensions peut donner l’impression d’éloigner le public de la scène, l’équipe d’OpéRA de poche cherche à utiliser la réalité augmentée pour créer une proximité différente avec les interprètes.
«Souvent, quand on parle de l’opéra diffusé sur écran, on parle d’une perte de présence. Mais l’idée, avec la capture volumétrique et la réalité augmentée, est d’essayer de créer une autre forme de présence qui peut aussi donner une sensation d’intimité», explique Zoey Cochran.
Cette approche propose ainsi une autre façon de découvrir l’opéra, plus intime et individuelle, sans chercher à remplacer l’expérience traditionnelle de la salle de spectacle.
Pour Ana Sokolović, cette volonté de faire évoluer l’opéra s’inscrit dans une longue histoire d’innovation. «Wagner rêvait d’un opéra qui soit un art total. Depuis la naissance de l'opéra il y a un peu plus de 400 ans, les créateurs ont utilisé les connaissances artistiques et technologiques de leur temps», rappelle-t-elle. La question est désormais de savoir comment créer avec les technologies qui caractérisent notre époque.