Un usage tout de même mitigé
Rappelons que les caméras corporelles, qui enregistrent les interactions entre les forces de l’ordre et le public, ne sont actuellement pas implantées au Québec. Seuls des projets pilotes dans divers corps policiers de la province ont été réalisés pour évaluer leur possible déploiement.
D’une part, ces dispositifs sont critiqués en raison de leurs limites techniques (archivage des images, durée de vie de la pile, etc.) et des sommes importantes qui caractérisent leur utilisation, mais aussi de leur caractère intrusif, tant pour les citoyens que pour les policiers.
D’une autre part, souligne Rémi Boivin, les avantages escomptés – tels que l’effet dissuasif sur les comportements répréhensibles des individus, la transparence des organisations, la rédaction de rapports plus fidèles à la réalité et la création de preuves visuelles utiles pour les tribunaux – ne sont actuellement pas appuyés par des preuves scientifiques.
«Les études qui s’intéressent à ces questions montrent que les bénéfices du visionnement des images sur le contenu des rapports, l’hésitation des gens à commettre des méfaits et les nouveaux éléments de preuve demeurent relativement restreints. Et pour la transparence des corps policiers, notons que les citoyens ont rarement la chance de consulter les captations», note le chercheur.
Il ajoute que parmi les 200 enregistrements visionnés par son équipe et lui, un seul aura été pertinent pour préciser le déroulement d’une intervention policière dans le cadre d’une fusillade.