Sous la forme d’un article scientifique publié à la fin janvier dans la revue Medicine, Health Care and Philosophy, l’équipe du Dr Éric Racine, directeur de l’Unité de recherche en éthique pragmatique de la santé à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, propose pour la première fois une définition formelle de l’éthique vivante et de ses principes fondateurs. Dans une démarche de collaboration créative, cette publication aborde les cadres théoriques, méthodologiques et pratiques qui régissent l’éthique vivante ainsi que les facteurs qui peuvent entraver sa mise en œuvre.
Nommée «éthique vivante», cette approche offre une perspective nouvelle sur l’éthique en mettant de l’avant l’importance du dialogue, de l’autonomisation (empowerment), du coapprentissage, de la cocréation en vue d’établir des orientations en matière de soins de santé et de services sociaux qui visent l’épanouissement et le développement humains.
Par exemple, sur le plan de la prise en charge médicale, l’éthique vivante situe l’expérience des patients et des membres des communautés concernées au cœur de la démarche de soins. Vivante, cette approche suppose un effort constant et naturel de consultation des parties prenantes ainsi que la prise en compte de leur vécu de manière à adapter la prise en charge à leurs besoins.
«L’éthique vivante en santé ne peut se concevoir autrement que dans la participation du plus grand nombre. Il y a au cœur de cette notion une volonté fondamentale de briser les silos et les tours d’ivoire traditionnelles dans les milieux universitaires et de la santé par le biais d’une culture de l’écoute et de l’innovation sociale. À terme, c’est ce qui nous permettra d’élaborer une éthique en santé qui soit durable et ancrée dans une vision globale de la santé humaine», explique le Dr Racine.