Pionnier de la recherche en sociologie du droit
Guy Rocher avait le profil que recherchait Andrée Lajoie: il n’était pas juriste, mais avait acquis des notions de droit à sa première année d'études à l’UdeM en 1944 et, surtout, les hautes fonctions qu’il avait occupées dans le gouvernement de René Lévesque allaient lui permettre de porter un regard sociologique sur le droit.
Le professeur de la Faculté de droit de l’UdeM Pierre Noreau explique: «Guy Rocher s’intéressait à la structuration des rapports sociaux à travers le droit et, au cours de ses premières années au CRDP, il a minutieusement recensé les écrits des fondateurs de la sociologie, dont Weber et Tocqueville, pour voir comment ils traitaient du droit.»
Fort de cette connaissance, il a ensuite joué un rôle de premier plan dans la redéfinition même du mandat du CRDP, lorsque les organismes subventionnaires ont exigé, au milieu des années 1970, que les projets de recherche soient désormais orientés vers la pluridisciplinarité.
«Guy Rocher incarnait l’interdisciplinarité et sa présence a été centrale dans la nouvelle configuration du CRDP, qui s’est maintenue pendant deux décennies, ajoute le politologue et juriste de formation. Il apportait un autre point de vue sur le droit, une perspective plus analytique.»
Toujours chercheur au CRDP, Pierre Noreau estime que Guy Rocher a été un «pionnier de la recherche en sociologie du droit» et qu'il a «tracé la voie aux générations qui allaient le suivre».