«Sociologue dans la cité»
Ce bond en avant, bien qu’imparfait, est en grande partie le fruit de l’idéal démocratique que défendait – et défend toujours – Guy Rocher quand il a accepté de devenir membre de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec, mieux connue sous le nom de commission Parent.
La petite histoire veut qu’il ait initialement refusé l’offre de Paul Gérin-Lajoie, alors ministre de la Jeunesse, d’en faire partie, puisqu’il venait à peine d’être nommé directeur du Département de sociologie de l’Université de Montréal. Une heure plus tard, c’est son doyen qui l’en a convaincu, vraisemblablement après avoir reçu un appel du ministre!
La commission Parent devait durer deux ans, mais elle s’est prolongée sur presque cinq années à l’issue desquelles les membres ont produit un rapport de 1500 pages comportant quelque 500 recommandations.
La première qui a été suivie par le gouvernement de Jean Lesage a été la constitution d’un ministère de l’Éducation, en 1963. À partir de 1964, les premières polyvalentes apparaissent et, à l’automne 1967, les cégeps accueillent leurs premiers étudiants et étudiantes. L’année suivante, le réseau de l’Université du Québec est mis sur pied dans 10 régions, dont Montréal.
L’ampleur de la tâche qu’a réalisée Guy Rocher à la commission Parent de 1961 à 1966 ne l’a pas empêché de rédiger son livre phare Introduction à la sociologie générale, publié la première fois en 1968 et réédité nombre de fois en plus d’avoir été traduit dans six langues.
Dix ans plus tard, au début de l’année 1977, son ami Camille Laurin – qu’il a connu au Collège de l’Assomption – le sollicite afin qu’il devienne secrétaire général associé du Conseil exécutif et sous-ministre du Développement culturel du gouvernement du Québec. À ce titre, il présidera à l’élaboration d’une première politique culturelle et participera à la création de la Charte de la langue française (loi 101).
Aujourd’hui encore, l’intellectuel engagé qu’est Guy Rocher demeure actif dans la cité. Il a d’ailleurs agi comme président d’honneur du colloque du Mouvement laïque québécois, tenu les 5 et 6 avril à Québec. Pour l’occasion, il avait préenregistré un message vidéo de huit minutes dans lequel il a parlé de l’avenir de la laïcité, qu’il considère comme le «fondement de l’institution publique qu’est l’école».