Prévenir des déficits langagiers
La chercheuse encourage donc les parents à apprendre la langue des signes ou à y initier leur enfant sourd depuis la naissance en raison des bienfaits sur le développement du langage et de la mémoire. Cette familiarisation éviterait aux enfants sourds de faire face à une privation linguistique complète, mais aussi d’avoir à contrer les effets indésirables liés à un retard dans l’acquisition langagière.
«Sans une communication visuelle, les enfants sourds à la naissance sont privés de toute forme de communication. Or, nous savons que la familiarisation précoce à une langue permet d’activer les systèmes neurocognitifs innés qui sous-tendent le langage. Et la période propice à l’activation de ces systèmes se situe dans les 12 premiers mois de vie», précise Audrey Delcenserie.
La doctorante ajoute que l’initiation à la langue des signes a également des bienfaits cognitifs et sociaux, même après l’implantation cochléaire. «On parle alors de bilinguisme multimodal et cela permet des fonctions exécutives comme la capacité de passer d’une langue à l’autre», souligne-t-elle.