Dark Vador, Luke et les autres
Benoit Baudry et ses collègues se sont notamment penchés sur la bibliothèque Faker, qui génère des données aléatoires permettant de tester les applications. Au lieu d'employer du faux-texte ou lorem ipsum – cette suite de mots sans signification bien connue des développeurs, utilisée à titre provisoire pour calibrer une mise en pages avant que le texte définitif vienne la remplacer –, les développeurs parsèment leurs lignes de références culturelles diverses, sur des séries comme Seinfeld, ou de citations de poètes.
«Des références sont plus pointues, d’autres sont universelles: qui ne connaît pas les personnages de La guerre des étoiles ou de La matrice?» demande Benoit Baudry. Les personnages de films cultes servent fréquemment de têtes de chapitre. Beaucoup de citations également. Un exemple dans Faker: «The wise animal blends into its surroundings», attribuée au film Dune. Pas de grosses farces déplacées, plutôt des références qui permettent de révéler ses goûts personnels et provoquent des sourires chez les collègues.
«J’affectionne personnellement le recours aux personnages du film The Big Lebowski [1998] dans les messages d’erreur», signale le professeur. Il parle aussi avec enthousiasme d’une initiative intitulée lolcommits, qui permet aux développeurs d’envoyer un égoportrait à l’issue d’une nouvelle modification dans les codes. «Ces égoportraits nourrissent les liens avec les collègues et constituent une sorte de fête une fois l’opération terminée», résume-t-il.