Un problème qui appartient aux deux partenaires
La thérapie comportementale pensée par Sophie Bergeron et ses collègues pour traiter le trouble de l’intérêt sexuel et de l’excitation s’attaque directement à la nature interpersonnelle de la détresse liée à la baisse du désir sexuel.
«Les troubles du désir sont les plus relationnels, ils présentent peu de facteurs biomédicaux et sont plutôt liés à l’interaction entre les deux membres d’un couple. Il faut donc reconceptualiser le problème comme étant un problème de couple plutôt qu’un enjeu individuel», note-t-elle.
L’intervention table ainsi sur la communication, l’acceptation, l’ouverture et la vulnérabilité entre les partenaires. Elle cible d’abord le développement de l’intimité au sein du couple – un facteur de protection pour le désir sexuel. «Quand on se sent proche de l’autre, en acceptant de se dévoiler, mais aussi en recevant une réponse empathique de l’autre, et qu’on a l’impression d’être compris, entendu et vu par son partenaire, les données montrent que le désir sexuel augmente», souligne la chercheuse, également directrice du Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles.
La thérapie invite aussi à parler ouvertement de sexualité, un des sujets les plus difficiles pour les couples, selon Sophie Bergeron. Les partenaires apprennent alors à exprimer leurs besoins, leurs préférences et leurs réticences sans peur de blesser l’autre.
Si le traitement repose surtout sur des discussions guidées par une ou un thérapeute, il comporte aussi des exercices à réaliser à la maison, par exemple des séances de sensibilisation corporelle, où les partenaires doivent réapprivoiser le toucher sans pression d’avoir une relation sexuelle.