Des réflexions entre espoir et défis
Stephen J. Toope, aussi considéré comme un grand penseur de la recherche, a été le premier à prendre la parole pour marteler l’importance de l’interdisciplinarité dans la résolution des enjeux importants qui guettent la société. «Nous avons besoin de relier les disciplines – mais aussi les organisations et les continents – pour parvenir à des résultats durables et des réponses percutantes», a-t-il dit.
Selon lui, les équipes de recherche doivent aussi être plus ambitieuses pour faire face aux vents politiques contraires et à cette «impression des gens que les universités sont déconnectées de la société».
Roseann O’Reilly Runte, quant à elle, a présenté sa vision de la recherche, qu’elle a articulée autour de trois idées: «Ne regardons pas les choses isolément, mais plutôt globalement. Ne nous limitons pas au présent, mais pensons à l’avenir. La solution est souvent partie intégrante du problème.»
Frédéric Bouchard a ensuite revêtu sa casquette de philosophe des sciences pour parler d’une préoccupation majeure en matière de recherche: la méfiance croissante de la population quant à l’expertise des chercheurs et des chercheuses. «Problématique et délétère, cette perte de confiance mène à reconstruire des économies de porteurs d’eau alors que nous voulons être des sociétés d’inventeurs d’éoliennes. Et il n’y aura aucune autre manière de garantir le bien-être et la prospérité d’une société que d'approfondir les savoirs», a-t-il soutenu.
Coauteur du rapport du Comité consultatif sur le système fédéral de soutien à la recherche, le doyen a également abordé le sujet de l’intelligence artificielle, une avancée qui, selon ses dires, «incarne un changement épistémologique profond qui fragmentera les communautés scientifiques».