Une utilisation et une influence limitées
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, seuls 20,6 % des Canadiens et Canadiennes ont utilisé Twitter pendant la période étudiée et, parmi eux, moins d'un tiers (29,9 %) ont tweeté à propos de la COVID-19, selon l'article scientifique publié dans le Journal of Medical Internet Research.
Par ailleurs, seulement 11 % des personnes sondées ont déclaré ne pas respecter les mesures de port du masque et 10,8 % avoir refusé la vaccination. Les gens qui recouraient à Twitter pour s’exprimer au sujet de la COVID-19 avaient, en général, un degré d’adhésion plus faible au port du masque et à la vaccination que ceux qui n’utilisaient pas la plateforme, mais ce sont les individus qui étaient critiques des mesures sanitaires dans leurs tweets qui y adhéraient le moins.
L'étude met également en lumière des différences régionales et linguistiques. «Il y avait moins d'utilisateurs et utilisatrices de Twitter au Québec qu'ailleurs, note José Denis-Robichaud. Mais lorsqu'ils étaient fâchés contre les mesures sanitaires dans leurs tweets, ça se reflétait plus dans le comportement des francophones que des anglophones.»
Cela s’illustre d’ailleurs par le fait que, parmi les personnes qui ont critiqué les mesures sanitaires, les francophones étaient sept fois plus susceptibles de ne pas porter le masque, comparativement à celles qui n’utilisaient pas Twitter. Pour leur part, les anglophones critiques étaient quatre fois plus susceptibles de ne pas porter le masque.
Ainsi, Hélène Carabin, José Denis-Robichaud et l’équipe de recherche sont les premières à montrer que, sur le plan individuel, il y a une corrélation entre la façon dont les gens ont réagi aux mesures sanitaires et ce qu'ils disaient sur Twitter.
Malgré cette découverte, les chercheuses se gardent d’interpréter les résultats de façon trop hâtive. «Les caractéristiques sociodémographiques des utilisatrices et utilisateurs des médias sociaux ne sont pas représentatives de la population générale, ce qui doit inciter à la prudence lors de l'utilisation de micromessages pour évaluer les comportements à l’échelon de la population générale», avertit Hélène Carabin.