Plus une personne est stressée, plus elle consomme les vidéos courtes de façon problématique – et cette association est particulièrement forte chez les 18-35 ans. C'est ce qui ressort d’un projet de recherche réalisé par Alice Lemay, Eve Fortin et Laurie Brunet à l'automne 2025 sous la direction du chargé de cours Martin Paquette à l’intérieur du cours Laboratoire 1, offert au début de la deuxième année du baccalauréat en psychologie à l'Université de Montréal.
Après avoir constaté que personne au Québec n'avait encore exploré le lien entre le stress et la consommation de vidéos courtes, les trois étudiantes ont cherché à savoir si le stress jouait un rôle dans la façon dont on visionne les vidéos ultrabrèves qui s'enchaînent sur les téléphones.
Traduire, mesurer, recruter: une session pour tout faire
À l’origine, les huit équipes de la classe ont bâti un questionnaire commun couvrant plusieurs thèmes – médias sociaux, cannabis, image corporelle – que chaque étudiant et étudiante devait ensuite soumettre à au moins 20 personnes de son entourage, pour un total de 493 participants canadiens âgés de 18 à 65 ans.
Le stress a été mesuré à l'aide d’un questionnaire validé qui permet aux répondants d’indiquer au moment où ils le remplissent le degré d’anxiété ressenti. Pour évaluer la consommation problématique de vidéos courtes, Alice Lemay et ses collègues ont adapté en français la Short Video Addiction Scale de Haoxuan, initialement rédigée en mandarin. Ces traductions successives constituent l'une des limites que les auteures reconnaissent elles-mêmes dans leur article.
Mener une telle démarche en parallèle d'un baccalauréat à temps plein a représenté une charge de travail exigeante. «Contrairement à un cours habituel, nous avancions à notre rythme avec le précieux soutien de Martin Paquette, mais il fallait amorcer et terminer le tout en une session», résume Alice Lemay. Les étudiantes ont travaillé main dans la main, s'échangeant messages et notes vocales au fil des semaines.