Parmi les membres de groupes de soutien en santé mentale, ceux dont l’identité de groupe avait été renforcée par la tâche expérimentale s’identifiaient davantage à leur groupe et ils étaient plus nombreux à rapporter une meilleure autoefficacité et un plus grand sentiment de bien-être. Paradoxalement, les gens qui s’identifiaient fortement à leurs groupes en santé mentale entretenaient plus de préjugés à l’égard des personnes vivant avec ces mêmes difficultés.
Ainsi, le seul fait d’appartenir à un groupe ne semble pas bénéfique en soi. C’est plutôt le fait d’y accorder une importance qui est une condition essentielle à ce qu’il ait des effets positifs sur les comportements et les attitudes.
Cette forte identification au groupe, en plus de donner à ses membres le sentiment accru d’être plus aptes à gérer leurs symptômes, avait aussi un effet positif dans le reste de leur vie. «Ces personnes étaient davantage engagées et sentaient que leur vie avait plus de sens», ajoute l’étudiante. Par ailleurs, ce sentiment d’appartenance à un groupe est bénéfique, peu importe qu’il y ait un lien avec la santé mentale ou non (un passe-temps, un sport, etc.).
Abolir les barrières
Ainsi, c’est le lien affectif et psychologique du groupe qui est le plus salutaire, d’autant plus que les personnes avec des préoccupations en santé mentale ont parfois plus de difficulté à créer ces liens. Comme ces groupes n’ont pas de barrières géographiques et financières, ils offrent du soutien au-delà des horaires des services de santé, dans le confort et la sécurité de son foyer.
Qu’on le veuille ou non, les réseaux sociaux sont là pour de bon et les professionnels de la santé doivent en tenir compte. «En sachant cela, comment peut-on maximiser les avantages et minimiser les coûts?» soulève Diana Cárdenas. Alors que de plus en plus de personnes se tournent vers les agents d’intelligence artificielle (IA) pour se confier, les groupes en ligne s’avèrent essentiels. «L’IA tend à nous isoler et ne nous apprend pas à interagir en société. Mais la santé mentale, c’est très social: l’individu ne vit pas dans un vacuum, il doit entrer en relation avec les autres», conclut Adriana Ugolini Benatti de Siqueira.