Chaque jour, des millions de personnes font défiler des vidéos sur TikTok, Instagram Reels ou Facebook Shorts. Certaines montrent des scènes banales du quotidien, d’autres des images spectaculaires ou presque impossibles à croire. Désormais, une part croissante de ces contenus est générée par intelligence artificielle (IA). Et plus les outils deviennent performants, plus il devient difficile de distinguer le vrai du faux. Cette nouvelle réalité soulève une question encore peu étudiée: le simple fait de croire qu’une vidéo pourrait être créée par IA modifie-t-il notre fonctionnement cognitif?
Cet été, une équipe interdisciplinaire de l’Université de Montréal tentera d’y répondre grâce à une expérience menée à la Neurothèque. Le projet, dirigé par André Gaudreault, professeur au Département d’histoire de l’art, de cinéma et des médias audiovisuels, et Marie-Odile Demay-Degoustine, associée de recherche au Laboratoire CinéMédias, en collaboration avec Karim Jerbi, professeur au Département de psychologie, combine neurosciences, psychologie cognitive et études cinématographiques pour analyser l’effet des contenus générés par IA sur l’attention et la charge cognitive. Pour cela, il peut compter sur une équipe intersectorielle rassemblant les auxiliaires de recherche Tanzia Mobarak et William Pedneault-Pouliot, affiliés au Laboratoire CinéMédias, ainsi que les auxiliaires de recherche du Laboratoire de neurosciences cognitives et computationnelles de l’UdeM Myriam Sahraoui et Sina Esmaeili.
Grâce à des casques d’électroencéphalographie, à l’analyse des mouvements oculaires et à différentes mesures physiologiques, les chercheurs espèrent mieux comprendre ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous regardons des vidéos dont l’authenticité devient incertaine.