Six simulations de décontamination
L'expérience a porté sur 59 échantillons de tissu en silicone, semblable à celui des fauteuils médicaux. Les chercheurs ont volontairement contaminé 56 de ces échantillons avec une dose précise de cyclophosphamide (10 microgrammes) pour déterminer l'efficacité de différentes solutions de nettoyage.
Les produits de décontamination testés comprenaient de l'ammonium quaternaire, du peroxyde d'hydrogène à 0,5 %, un détergent à 0,005 % et de l'hypochlorite de sodium à 0,5 %. Tous ont été versés sur des lingettes en microfibre avec lesquelles on a procédé à trois nettoyages successifs. Par la suite, on a mesuré la contamination résiduelle à l’aide d’un système de chromatographie liquide et de la spectrométrie, en tandem.
L'efficacité moyenne des agents était supérieure ou égale à 99,79 %. Et quel que soit l'agent utilisé, l'efficacité était de 99,3 % après le premier nettoyage, 99,9 % après le deuxième et 99,95 % après le troisième.
«Nos simulations confirment que plusieurs solutions de décontamination fonctionnent, dont l'hypochlorite de sodium, c'est-à-dire la fameuse eau de Javel, indique Jean-François Bussières. Les autres produits ont également donné de bons résultats et c’est pourquoi nous recommandons d'alterner les solutions antiseptiques et désinfectantes afin de prévenir la biorésistance dans les unités externes d’oncologie.»
«Bien qu'on nettoie les fauteuils d'injection entre chaque patient, des traces de médicaments dangereux peuvent parfois rester sur les bras des fauteuils et nos résultats vont aider les pharmaciens, le personnel infirmier et les techniciens à réduire leur risque d'exposition, qui sera aussi moindre pour les patients», assure le professeur, qui a été chef du département de pharmacie du CHU Sainte-Justine pendant 26 ans.