Yasmina Serroukh: «Une immersion totale qui a fait de moi une greffeuse»
D’origine belge, la Dre Yasmina Serroukh a effectué un postdoctorat en greffe et thérapie cellulaire à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR). Une expérience déterminante qui a orienté sa carrière.
«Je n’avais pas prévu venir à Montréal. Tout a commencé en 2014, avec le concours Ma thèse en 180 secondes. Finaliste belge, j’ai été invitée dans la métropole pour la finale internationale. L’Université de Montréal, hôte du concours, nous offrait alors la possibilité de rencontrer des experts dans notre domaine. Comme le mien était l’hématologie et l’immunologie, on m’a mise en contact avec Denis-Claude Roy et Jean-Sébastien Delisle, hématologues à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.
«Cette rencontre informelle a été déterminante. Une idée a commencé à germer: et si je revenais faire un postdoctorat ici?
«Je suis retournée en Belgique, où j’ai terminé ma formation et fondé une famille. Au moment de me spécialiser, j’ai repris contact avec Jean-Sébastien Delisle, qui m’a mise en rapport avec la Dre Sylvie Lachance, alors directrice du programme de greffe et de thérapie cellulaire de l’hôpital. En 2019, je m’installais à Montréal pour deux ans avec mon mari et mes deux enfants. Quelques mois plus tard, la pandémie frappait. Malgré tout, ces deux années ont été exceptionnelles sur les plans professionnel comme personnel.
«À l’HMR, j’ai découvert un programme d’excellence nord-américain, accessible aux médecins formés en Europe. Le postdoctorat est structuré, exigeant et complet. J’y suis entrée comme hématologue. J’en suis sortie capable de faire fonctionner un programme de greffe. C’est ce que j’en retiens: une immersion qui a fait de moi une greffeuse.
«J’ai aussi beaucoup travaillé en thérapie cellulaire, notamment autour des cellules CAR-T. Réunions cliniques, discussions interdisciplinaires, cas complexes: cela m’a permis d’acquérir une expertise reconnue et recherchée, puisque peu de formations offrent une telle plongée dans l’univers de la greffe et des traitements par cellules CAR-T.
«C’est ce qui a compté pour la suite. Aujourd’hui, je travaille à l’Erasmus MC Cancer Institute, à Rotterdam, un grand centre européen d’hématologie. Si ma candidature a été retenue, c’est en partie grâce aux liens entre les équipes de Montréal et de Rotterdam, mais surtout grâce aux compétences acquises à l’HMR. Apprendre que le programme a obtenu une cote +1 m’a rendue fière. Ça en dit long sur la qualité du programme et des équipes.
«Les avancées en thérapie cellulaire sont rapides et les applications s’étendent bien au-delà de l’hématologie. Le défi sera de rendre ces traitements accessibles parce qu’ils sont très coûteux. Mais une chose est sûre: mon passage à l’HMR m’a fait entrer au cœur d’une médecine en pleine transformation.»