Tout est lié: les coronavirus et autres maladies infectieuses émergentes, la dégradation de la biodiversité et la destruction de l’environnement par l’humain. Partout dans le monde, les agents pathogènes et les parasites réagissent à ces changements de manière inattendue, alimentant la montée des pandémies et l’extinction d’innombrables espèces végétales et animales.
Mais tout n’est pas perdu. Pour éviter une catastrophe, les scientifiques doivent se concentrer sur la surveillance et la limitation de la propagation de certains virus à haut risque, en particulier dans les fermes et les marchés d’animaux vivants, et les gouvernements doivent redoubler d’efforts pour traquer les agents pathogènes, protéger la faune et renforcer les systèmes de santé publique, affirment des experts canadiens et américains dans un nouvel article.
Dirigée par Timothée Poisot, spécialiste de l’écologie informatique et professeur agrégé au Département de sciences biologiques de l’Université de Montréal, et Colin J. Carlson, professeur adjoint d’épidémiologie à l’école de santé publique de l’Université Yale, la recherche menée par des chercheurs et chercheuses du Canada, du Royaume-Uni, des États-Unis et de Chine est publiée aujourd’hui dans le numéro inaugural de Nature Reviews Biodiversity.
Outre un aperçu des connaissances scientifiques actuelles, ces travaux offrent une perspective historique des pandémies et des propagations virales, bactériennes ou autres qui se sont produites depuis 1960. Plusieurs recommandations sont formulées, en particulier sur la prévention de futures pandémies et, plus généralement, sur l’amélioration des techniques de surveillance dans le domaine de la santé publique.
Nous avons demandé à Timothée Poisot de nous en dire davantage sur cette étude – dont le coauteur Cole Brookson est chercheur invité au Département de sciences biologiques de l'UdeM et membre du laboratoire de Colin J. Carlson – et ses implications pour les politiques futures.