Un recrutement plus indirect
Francesco Carlo Campisi a ainsi voulu explorer le cyberréseautage criminel (cyberbanging) – un terme générique qui fait référence à la relation interactive en ligne entre les membres d’un gang et les autres utilisateurs.
Ses résultats indiquent que le type de contenu le plus important de ce cyberréseautage serait la promotion des modes de vie des gangs, plutôt que le recrutement à proprement parler. Les membres des gangs de rue feraient ainsi rayonner la «culture de gang» en mettant de l’avant l’argent, les armes, les femmes, l’alcool, les partys, les drogues.
«Ces formes promotionnelles constituent un recrutement indirect, car elles peuvent inciter des individus crédules attirés par ces modes de vie à chercher à y adhérer. La responsabilité du recrutement incombe alors à l’individu plutôt qu’au gang», note le doctorant.
Le chercheur ajoute que le fait d’être membres d’un gang n’est qu’une facette de la personnalité de ces utilisateurs et ne semble pas dominer leur présence en ligne ni influencer fortement le contenu qu’ils publient.
«Les utilisateurs échantillonnés sur X et sur Facebook sont peut-être des membres de gangs de rue, mais ils sont aussi des fils, des sœurs, des pères, des étudiants, etc., avec des champs d’intérêt en dehors des gangs. Ils recourent, comme vous et moi, aux médias sociaux pour communiquer et maintenir des liens sociaux», indique-t-il.