L'émergence d'un acteur mondial: le WorldGBC
L’analyse de Lisa Hasan repose notamment sur les principes du World Green Building Council (WorldGBC), une organisation née de la fusion de différents conseils nationaux.
«Au départ, il y avait plusieurs green building councils, dont celui des États-Unis, qui a lancé la certification LEED [Leadership in Energy and Environmental Design] en 1998, relate la chercheuse. Pour étendre leur crédibilité et prendre part aux forums internationaux, ces conseils se sont regroupés sous l’appellation WorldGBC.»
Dix-sept ans plus tard, lors de la COP21 tenue à Paris en 2015, le WorldGBC a élaboré et promu le programme Advancing Net Zero (ANZ), visant à rendre carboneutres tous les nouveaux bâtiments d'ici 2030 et tous les bâtiments existants d'ici 2050.
Ce programme promeut trois axes clés:
la réduction maximale des émissions de CO2 liées à l'énergie en exploitation;
la production et l’utilisation d'énergies renouvelables à l’intérieur ou à l’extérieur des bâtiments;
la compensation des émissions résiduelles incompressibles.
L'ANZ propose des certifications, des outils et un accompagnement aux conseils du bâtiment durable locaux pour atteindre ces objectifs ambitieux de décarbonation.
Or, la doctorante soulève que tous ne s’entendent pas sur la définition de ce qu’est la décarbonation ni sur les détails de son application concrète.
«Les discussions et mésententes à ce sujet ne sont pas terminées et ne le seront peut-être jamais, car pour le WorldGBC, le problème se situe à l'échelle du bâtiment: il est plus facile pour cette organisation de vendre une certification à des promoteurs immobiliers qu'à un gouvernement, mais cette approche marchande favorise des changements ponctuels plutôt qu'une transformation profonde du secteur», souligne Lisa Hasan.
Elle doute d’ailleurs que cette segmentation des actions permette réellement de réduire la dépendance sociétale aux combustibles fossiles.