Cecilia vit à Carahatas, un village côtier de Cuba menacé par l’élévation du niveau de la mer en raison du réchauffement planétaire. Les spécialistes estiment qu’une partie de la ville pourrait être submergée dans les 50 prochaines années. Face à cette menace, le gouvernement envisage de déplacer progressivement les habitants vers des zones plus sûres. Mais Cecilia et d’autres résidants affirment que leur communauté «sait comment affronter les risques d’inondation et les changements climatiques».
Comme Carahatas, de nombreuses régions du monde sont confrontées à des phénomènes climatiques extrêmes: sécheresses, vagues de chaleur, glissements de terrain, inondations, ouragans et tempêtes tropicales. Ces dangers, amplifiés par le réchauffement de la planète, se multiplient et mettent à l’épreuve la résilience des communautés. Une équipe de recherche dirigée par Gonzalo Lizarralde, professeur d’architecture à l’Université de Montréal, a voulu comprendre comment les populations concernées y font face et quelles dynamiques émotionnelles permettent aux dirigeants locaux d’organiser avec succès des initiatives pour répondre à ces défis.
Pour explorer ces questions, les chercheuses et chercheurs se sont rendus dans quatre villes d’Amérique latine touchées par des catastrophes climatiques récentes: Carahatas à Cuba, Yumbo et Salgar en Colombie ainsi que Concepción au Chili. Dans leurs travaux, menés entre 2016 et 2020 avec le soutien financier du Centre de recherches pour le développement international, ils ont suivi 14 leaders communautaires. L’équipe a découvert que plusieurs émotions jouaient un rôle clé dans la mobilisation des communautés et la mise en place de solutions locales: la peur, l’anxiété, la colère, mais également la fierté et l’admiration devant la nature.