On pourrait croire que les avantages d’une activité physique à faible intensité ne comptent pas. Or, suivre les recommandations en matière d’activité physique (soit de bouger au moins 150 minutes par semaine à une intensité de moyenne à élevée) ne compense pas complètement le fait de rester assis trop longtemps.
«Quelqu’un peut être actif, aller au gym ou faire du sport quelques fois par semaine, mais être sédentaire [soit passer beaucoup de temps assis ou devant un écran durant le jour]», explique Marie-Eve Mathieu. «Le problème dans nos universités canadiennes, c’est que les étudiantes et étudiants sont assis en moyenne 9,8 heures par jour. La recommandation est de 8 heures par jour et, à partir de 6 heures, des effets néfastes sur la santé physique et mentale commencent à se manifester», souligne François Dupont.
Les postes de travail actifs apparaissent comme une solution intéressante à cette trop grande sédentarité. «Ça ne demande pas plus de temps parce qu’on bouge pendant qu’on fait quelque chose», observe Marie-Eve Mathieu. Durant sa maîtrise, François Dupont a ainsi observé que proposer différents bureaux actifs (assis-debout et pédalier sous le bureau) permettait de remplacer jusqu’à deux heures de station sédentaire par de l’activité physique d’intensité faible dans la journée de travail. Les solutions actives peuvent être utilisées de façon variée selon la tâche, les préférences, le besoin ou l’état d’esprit des utilisateurs: pédaler en révisant ses notes de cours pour évacuer le stress, s’asseoir sur un ballon d’exercice lors d’une visioconférence… «Il faut rendre les tâches sédentaires plus actives tout en respectant le but premier de la tâche», résume la professeure Mathieu.
Celle-ci poursuit ces travaux sur le sujet: «On étudie présentement la réponse alimentaire mesurée dans ce projet, à savoir si bouger pendant l’apprentissage a des effets sur le repas qui suit. Plus largement, on voudrait aussi tester les bureaux actifs dans des classes. On pourrait également reprendre le projet en jouant sur la durée de l’utilisation plutôt que sur l’intensité.» Elle travaille par ailleurs, en collaboration avec la Direction des ressources humaines de l’UdeM, sur des capsules vidéos pour sensibiliser les gestionnaires de l’Université à l’utilisation des postes de travail actifs notamment. «Beaucoup de personnes s’équipent, mais on ne sait pas trop comment les utiliser», rappelle-t-elle.
Une chose est sûre: ce ne sont pas les sujets de recherche qui manqueront dans les prochaines années, alors que les emplois sont de plus en plus sédentaires, et encore davantage pour les télétravailleurs: «On est dans les débuts des recherches sur la sédentarité. C’est vraiment un champ à découvrir», s’enthousiasme Marie-Eve Mathieu.