Trois formes distinctes d'investissement professionnel
La recherche, menée sur une période de huit mois auprès de 544 personnes diplômées d'une école de commerce française, distingue trois types d'investissement au travail: le surinvestissement toxique – ou dépendance au travail –, l'engagement au travail et l'engagement affectif organisationnel.
La dépendance au travail est caractérisée par «une pression interne constante et des pensées obsessionnelles centrées sur les tâches professionnelles», selon les trois auteurs. L'engagement au travail représente, quant à lui, un état positif marqué par l'énergie, la passion et la concentration. Enfin, l'engagement affectif traduit un attachement émotionnel à l'organisation elle-même.
L'étude met ainsi en évidence la façon dont les différentes facettes du concept de soi influencent ces formes d'investissement. «Dans notre recherche, les trois formes d'engagement sont prédites par la tendance à se définir en fonction d'un soi collectif, souligne Marie-Colombe Afota, c’est-à-dire par la tendance à se définir en fonction de son appartenance à des groupes sociaux.»
En revanche, le soi individuel n’est associé qu’à la dépendance au travail.
«La dépendance au travail – aussi appelée workaholisme - est surtout motivée par des buts plus sombres et moins positifs, comme le besoin de prouver sa valeur, tant à soi qu’aux autres, ajoute-t-elle. Et le problème, c'est que ça n'a jamais de fin et que ça finit par devenir destructeur.»