Les plantes ne font pas que pousser, elles bâtissent.
Qu'il s'agisse d'arbres majestueux ou de fleurs délicates, les formes complexes des plantes sont sculptées avec une précision remarquable. Une étude menée par des biologistes et des biophysiciens de l'Université de Montréal révèle comment les plantes façonnent leurs organes en trois dimensions.
Les anthères – les organes reproducteurs mâles des fleurs – sont des structures responsables de la production et de la libération du pollen qui jouent un rôle clé dans la fécondation, un processus nécessaire à la production de fruits et de graines, indiquent les scientifiques dans leur article, publié en mars dans la revue Nature Plants.
C'est la première fois qu’une équipe de recherche parvient à reconstituer les propriétés physiques de cellules situées au cœur d'un organe végétal sur la base de données expérimentales.
Ces organes sont bien plus que ce qu'on pourrait croire.
Sous la direction de deux professeurs agrégés de l'Université de Montréal, Daniel Kierzkowski et Anne-Lise Routier-Kierzkowska, l’équipe a suivi la croissance de chaque cellule de l'anthère pendant plusieurs jours, dévoilant ainsi comment l'anthère est partie d'un simple groupe de cellules souches pour se développer en une structure 3D complexe.
En combinant la biologie moléculaire et la biophysique, les scientifiques ont abordé une question fondamentale: comment les cellules peuvent-elles communiquer à travers l'organe pour coordonner leur croissance et produire des formes complexes?