Le partenariat au cœur de la recherche
Pour conduire un tel projet, travailler avec des partenaires autochtones était essentiel. «Je fais toujours de la recherche en partenariat, à partir des besoins du terrain. Nous avons sollicité l’association Femmes autochtones du Québec pour définir ensemble le projet», note Marie-Marthe Cousineau. La communauté de Listuguj et sa maison d’hébergement pour femmes Haven House, qui exercent un leadership dans la lutte contre les violences dans les communautés autochtones, ont été ciblées. «Nous avons décidé de nous concentrer sur cette communauté pour établir un partenariat plus fort», explique Marie-Catherine Gagnon-Dufresne.
Listuguj est une petite communauté mi’gmaq de la péninsule gaspésienne, à un pont du Nouveau-Brunswick. En 2016, environ 1200 personnes y résidaient, selon Statistique Canada. Même si la communauté est située en territoire québécois, les résidants sont majoritairement anglophones.
Dès l’été 2019, l’assistante de recherche y a fait des visites exploratoires. Avec la maison d’hébergement Haven House, elle a validé la méthodologie et formé des intervenants locaux qui ont pris part à toutes les étapes de cette recherche-action. Au total, 10 entrevues de type «récit de vie» de une à trois heures environ ont été effectuées. «Cette méthode fait écho aux traditions orales autochtones», affirme Marie-Catherine Gagnon-Dufresne.
Les partenaires ont ensuite participé à l’analyse des données, qui s’est amorcée à l’hiver 2020. «On faisait des rencontres chaque mois pour valider les analyses et discuter des thèmes qui avaient émergé», raconte-t-elle. Des ateliers ont finalement été organisés dans la communauté pour présenter les résultats aux différentes parties prenantes. «C’est rare de réussir à établir un partenariat aussi étroit avec une communauté», croit-elle.