Une proximité risquée
Pour comprendre ce qui favorise ou compromet la vie des abeilles en milieu urbain, l’équipe a fait appel à des outils de modélisation avancés et à des données environnementales variées, notamment la diversité florale, le relief, la proximité avec les routes, les polluants atmosphériques, la température et les précipitations.
Mais c’est la concentration de ruches dans un espace restreint qui a retenu l’attention de l’équipe de recherche. Plus cette concentration est élevée, plus la mortalité des abeilles l’est aussi. «Une densité excessive engendre une compétition féroce pour les ressources florales, une transmission accrue des maladies et une fragilisation générale des colonies», note Liliana Perez.
Autrement dit, pour que les abeilles puissent continuer de butiner en paix, il faut éviter de faire de chaque toit une ruche. Car les conséquences ne se répercutent pas exclusivement sur les abeilles domestiques, elles touchent aussi, et surtout, les abeilles sauvages, déjà menacées.
«Les abeilles mellifères et les abeilles sauvages ont des forces et des adaptations différentes. Les premières sont adaptées à la vie sociale, à la production de miel et à une pollinisation efficace au sein de leurs grandes colonies. Les secondes, en revanche, sont souvent mieux adaptées à des environnements locaux et à des espèces végétales particulières. Les abeilles mellifères étant une espèce introduite, leur présence peut avoir un effet négatif sur les populations d’abeilles indigènes», précise la chercheuse.