Les tourbières sont de véritables archives de la nature. «À la suite du retrait des eaux qui a suivi la déglaciation, des tourbières se sont rapidement formées», explique Julie Talbot, professeure au Département de géographie de l’Université de Montréal. En s’accumulant à l’abri de la décomposition, la matière a emprisonné une foule d’indices sur l’environnement et le climat: pollens, polluants… et cendres volcaniques. La professeure cherche à comprendre comment ces dépôts atmosphériques changent les écosystèmes dans lesquels ils se retrouvent.
Élodie Roussel, étudiante à la maîtrise en géographie, s’intéresse aux dépôts laissés par les volcans dans les tourbières. «Même s’il n’y a pas de volcans à proximité, des éruptions qui sont survenues loin du Québec ont produit des cendres microscopiques [leur nom savant est cryptotéphras] qui peuvent être transportées sur de très longues distances, jusqu’à des milliers de kilomètres», dit-elle.
Après avoir récolté des échantillons à l’île du Havre sur la Côte-Nord et dans la tourbière de la Grande plée Bleue à Lévis l’été dernier, Élodie Roussel se rendra une dernière fois sur le terrain cet été pour prélever des échantillons dans la tourbière Mer Bleue, à Ottawa.