Une fois le travail de classement réalisé, l’équipe des Bibliothèques a collaboré avec l'agence montréalaise Kffein dès le début de 2024 pour créer une expérience immersive. «L'expertise de Kffein sur les plans artistique et muséologique nous a permis de créer une véritable médiation culturelle par le traitement visuel et auditif. Nous sortions de notre quotidien!» raconte Morgane De Bellefeuille avec enthousiasme.
La vitrine virtuelle de la collection de Claude Gingras propose une reconstitution de l'appartement du critique musical, permettant aux visiteurs de découvrir son bureau et d'approfondir huit thèmes soigneusement sélectionnés.
Chacun révèle des facettes de l'homme et de son œuvre: son admiration pour le chef prodige Yannick Nézet-Séguin, qu'il encensait avant même sa renommée internationale; sa fascination pour Charles Dutoit; sa passion pour Maria Callas; son attachement au Festival de Lanaudière et à l'Université de Montréal.
Les visiteurs peuvent également consulter ses 10 œuvres préférées, explorer des raretés de sa collection et découvrir sa conception du métier de critique musical.
«La collection de Claude Gingras constitue un véritable réseau d'information et la collection sonore en est le cœur: elle renvoie à des disques et des partitions, mentionne Christiane Melançon. Ses écrits permettent de voir le travail minutieux derrière ses comparaisons, notamment sa fascination pour les chiffres et les durées d'interprétation selon les artistes.»
L'expérience sonore est en effet un élément central de la vitrine virtuelle. Les visiteurs sont invités à porter des écouteurs pour s'immerger pleinement dans l'univers musical qui a façonné la vie du critique, autodidacte passionné depuis son enfance par la musique classique.
Pour tous les publics
La vitrine virtuelle est une porte d'entrée pour l'immense collection de Claude Gingras.
«Nous visons ceux et celles qui lisaient Claude Gingras dans La Presse, mais aussi un plus large public pour lui faire redécouvrir la musique classique. Nous espérons également piquer la curiosité des mélomanes, des jeunes et des étudiantes et étudiants en musique», souligne Morgane De Bellefeuille.
Cette accessibilité se concrétise parallèlement de façon physique. À la bibliothèque de la Faculté de musique de l'UdeM, on pourra, à proximité d'une zone de relaxation – et une fois les travaux de rénovation terminés –, se familiariser avec la collection grâce à un écran tactile et un casque d'écoute.
«Pour ce qui est de l’ensemble de la collection physique, elle est accessible au Centre de conservation Marcel-Laurin, à Saint-Laurent», dit Christiane Melançon.
Une ressource pour la recherche
Si la vitrine virtuelle cible le grand public, l'ensemble de la collection représente un trésor pour la recherche universitaire. «Le contenu de la collection et le travail de Claude Gingras sont d'intérêt pour la recherche, que ce soit en musique, en sociologie ou en histoire par exemple», note France Nadeau.
Dans un second volet, à venir, on mettra en place un outil de recherche pour les membres de la communauté universitaire s’intéressant à l’œuvre de Claude Gingras. Le don de la famille Desmarais permettra également à la Faculté de musique d’offrir des bourses pour soutenir les travaux de recherche nécessitant une exploration approfondie de la collection.
«Nous voulons que les chercheurs et chercheuses aient accès à tout le travail accompli par M. Gingras autour de sa collection, conclut France Nadeau. La vitrine est destinée au grand public grâce à certains éléments de la collection, tandis que, dans ce projet, le contenu sera mis en valeur pour un usage plus scientifique.»