Une percée de l'IRIC parmi les 10 découvertes de l'année de «Québec Science»

En 5 secondes Une recherche sur la biologie du cancer figure parmi les 10 découvertes scientifiques les plus remarquables de l'année 2025. La communauté de l'UdeM est invitée à voter pour cette découverte.
Hugo Lavoie, Driss Lajoie, Ting Jin et Marc Therrien

Une équipe de recherche dirigée par Marc Therrien, chercheur principal à l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal et professeur au Département de pathologie et biologie cellulaire de l'UdeM, a percé un mystère fondamental de la biologie du cancer: elle a levé le voile sur la façon dont une protéine déréglée permet au cancer de proliférer dans le corps humain. 

Cette percée scientifique, publiée dans la revue Science, fait partie des 10 découvertes scientifiques les plus remarquables de l'année 2025 sélectionnées par le jury du magazine Québec Science et présentées dans son numéro de janvier. Le public est appelé à voter pour la découverte qu'il juge la plus marquante.

 

MAPK, BRAF et l'hélice alpha-C: les noms des principaux complices 

Environ 50 % des cancers sont liés à un dérèglement de la voie de communication intracellulaire MAPK (mitogen-activated protein kinase), un système de communication crucial qui permet aux cellules de répondre correctement aux signaux externes. 

Au cœur de cette voie de communication se trouve la protéine BRAF (B-rapidly accelerated fibrosarcoma), qui agit comme un interrupteur moléculaire. À l'état normal, la protéine BRAF demeure confinée dans une forme inactive grâce à un mécanisme d'auto-inhibition analogue à un frein de sécurité. Elle ne s'active que lorsque la cellule reçoit des signaux appropriés de croissance.  

Chez 8 % des patients atteints de cancer, on trouve des mutations dans la protéine BRAF qui la dérèglent, ce qui engendre une prolifération cellulaire incontrôlée. Ces mutations jouent un rôle dans plusieurs cancers humains, notamment les cancers de la thyroïde, de la peau, du côlon et du poumon. 

La percée de l'IRIC

En utilisant la technique d'imagerie appelée cryomicroscopie électronique, Marc Therrien et son équipe ont découvert comment ces formes mutantes de la protéine BRAF favorisent l'apparition d'un cancer: à l'aide d'une petite structure appelée hélice alpha-C, elles adoptent une structure quasi identique à la forme naturellement active de la protéine tout en restant sous forme d'unités individuelles (monomériques). C'est un peu comme si elles revêtaient un déguisement leur permettant de ne pas être repérées par les radars de défense de la cellule et d'échapper à ses mécanismes de contrôle. Elles entraînent alors une prolifération cellulaire, créant des conditions propices à la formation de tumeurs malignes. 

Ayant compris l'astuce, l'équipe de scientifiques a réussi à faire retrouver à la protéine mutante BRAF sa forme normale au moyen de petites molécules chimiques ciblant l'hélice alpha-C, une première dans ce domaine de recherche! 

Cette découverte permet d'espérer la mise au point de nouveaux inhibiteurs, c'est-à-dire des médicaments de nouvelle génération capables de neutraliser ces «imposteurs moléculaires» avant qu'ils prennent le contrôle de la cellule et puissent la transformer en cancer. 

Bien que fondamentale et complexe, cette découverte scientifique peut aussi être qualifiée de vitale pour ceux qui souffrent ou souffriront d’un cancer, l'OMS ayant estimé que les cas de cancer devraient augmenter d'environ 77 % d'ici 2050. 

 

Pourquoi et comment voter pour la découverte de l'année? 

Prendre le temps de voter pour la découverte de l'année, c'est une façon de reconnaître l'excellence de la recherche menée à l'UdeM, de soutenir la recherche fondamentale et d'inspirer la relève scientifique du Québec. 

Le vote se déroule du 8 janvier jusqu'à la mi-février sur le site de Québec Science. 

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