Une équipe de recherche dirigée par Marc Therrien, chercheur principal à l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal et professeur au Département de pathologie et biologie cellulaire de l'UdeM, a percé un mystère fondamental de la biologie du cancer: elle a levé le voile sur la façon dont une protéine déréglée permet au cancer de proliférer dans le corps humain.
Cette percée scientifique, publiée dans la revue Science, fait partie des 10 découvertes scientifiques les plus remarquables de l'année 2025 sélectionnées par le jury du magazine Québec Science et présentées dans son numéro de janvier. Le public est appelé à voter pour la découverte qu'il juge la plus marquante.
MAPK, BRAF et l'hélice alpha-C: les noms des principaux complices
Environ 50 % des cancers sont liés à un dérèglement de la voie de communication intracellulaire MAPK (mitogen-activated protein kinase), un système de communication crucial qui permet aux cellules de répondre correctement aux signaux externes.
Au cœur de cette voie de communication se trouve la protéine BRAF (B-rapidly accelerated fibrosarcoma), qui agit comme un interrupteur moléculaire. À l'état normal, la protéine BRAF demeure confinée dans une forme inactive grâce à un mécanisme d'auto-inhibition analogue à un frein de sécurité. Elle ne s'active que lorsque la cellule reçoit des signaux appropriés de croissance.
Chez 8 % des patients atteints de cancer, on trouve des mutations dans la protéine BRAF qui la dérèglent, ce qui engendre une prolifération cellulaire incontrôlée. Ces mutations jouent un rôle dans plusieurs cancers humains, notamment les cancers de la thyroïde, de la peau, du côlon et du poumon.