Pour prédire où les utilisateurs pourraient choisir de recharger leur véhicule, l’équipe de recherche a eu recours à des modèles dits «de choix discrets».
«Cela veut dire que, pour chaque utilisateur, nous essayons de cerner les facteurs qui influencent son choix de bornes de recharge et nous attribuons un “degré d'attractivité” à chaque option afin de comprendre ce choix», précise Margarida Carvalho.
Cette approche se distingue des modèles plus complexes de prévision de la demande qui font appel à l’apprentissage automatique. «L'important, c'est que le modèle de choix discrets est interprétable et fournit des informations exploitables pour la planification, ce qui facilite son intégration dans l’optimisation du réseau de bornes, tandis que les modèles plus complexes sont moins adaptés à ce genre de décision», ajoute-t-elle.
L’équipe a ensuite estimé deux types de modèles statistiques: un modèle logit multinomial comme référence et un modèle logit mixte qui tient compte du fait que les mêmes utilisateurs reviennent régulièrement aux mêmes bornes. Cette distinction a permis de mieux comprendre l'hétérogénéité des comportements.
La distance avant tout, mais pas seulement
Les résultats confirment ce que l'intuition laissait supposer: «La distance entre le domicile et la borne constitue l'élément prédicteur le plus robuste, résume la professeure. Vient ensuite la capacité de la station, en termes de nombre de bornes qu’elle offre, ce qui rassure les utilisateurs quant à leur chance de trouver une borne libre.»
Toutefois, les préférences divergent selon le type de recharge. Les bornes de niveau 2, qui offrent une recharge plus lente mais moins chère, sont privilégiées lorsqu'elles se trouvent près de restaurants.
À l'inverse, les bornes de niveau 3, qui permettent une recharge rapide mais à un coût plus élevé, sont davantage utilisées lorsqu'elles se situent près de parcs, de centres commerciaux ou de supermarchés.
Fait surprenant, la présence d'une station-service à proximité a un effet négatif sur le choix d'une borne. «Cela indique peut-être que les utilisateurs de véhicules électriques ont adapté leurs habitudes aux exigences de recharge, avance Margarida Carvalho. De même, la proximité de restaurants rapides décourage l'utilisation des bornes de niveau 2, ce qui signalerait une préférence pour des activités de plus longue durée compatibles avec le temps de recharge.»