Des tissus cardiaques «vivants» créés en laboratoire

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes Une équipe de recherche du CHU Sainte-Justine a intégré des micro-capteurs souples à des tissus cardiaques imprimés en 3D pour analyser leurs propriétés de contraction en temps réel.
L'approche des chercheurs permet de mieux refléter la complexité du myocarde humain.

Une équipe du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine est parvenue à créer un tissu cardiaque tridimensionnel (3D) fonctionnel, capable de battre de façon autonome in vitro et doté de microcapteurs permettant une analyse fine et en temps réel de ses propriétés de contraction. Cette avancée marque une étape importante dans la modélisation des maladies cardiaques humaines et les tests précliniques de médicaments. 

Les résultats de l’étude, menée par le chercheur Houman Savoji, professeur au Département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal, et l'étudiant de doctorat Ali Mousavi, viennent d’être publiés dans la revue scientifique Nano Micro Small.

Mesurer la mécanique du cœur, de l’échelle cellulaire au tissu

Appelés «cœurs sur une puce», ces tissus cardiaques sont produits par bio-impression 3D grâce à une bioencre conçue dans le laboratoire d’Houman Savoji et à laquelle peuvent être intégrées des cellules souches de patients. Une première version de ces travaux avait été présentée en 2024.  

L’innovation principale de cette nouvelle étude réside dans l’intégration directement au sein du tissu cardiaque de capteurs mécaniques ultrasouples, biocompatibles et fluorescents. Ils permettent de mesurer avec une précision inégalée les forces contractiles produites, tant à l’échelle cellulaire que dans le tissu complet, par des méthodes optiques non destructives. Contrairement aux plateformes de «cœurs sur une puce» existantes, souvent limitées dans leur capacité à capter les forces localisées dans des tissus 3D en mouvement, cette approche fournit des données mécaniques haute résolution et en temps réel. Elle permet ainsi de mieux refléter la complexité du myocarde humain, le muscle responsable de la contraction du cœur. 

Les auteurs ont également mesuré l’activité calcique des tissus cardiaques en visualisant en direct les vagues de calcium qui déclenchent chaque battement. Ils démontrent en outre que leurs «cœurs sur une puce» réagissent aux médicaments comme de véritables tissus cardiaques, confirmant la sensibilité du modèle pour le dépistage pharmacologique.

Un outil puissant pour la recherche et l’élaboration de médicaments

L’équipe travaille maintenant sur des modèles de maladies cardiovasculaires telles que la cardiomyopathie dilatée et certaines arythmies en comparant des tissus dérivés de cellules de patients avec ceux d'individus en santé. À terme, cette technologie pourrait permettre la modélisation d'un large éventail de maladies et l'évaluation fine de traitements potentiels.  

«La possibilité d’observer en temps réel la réponse du tissu à différents composés représente un avantage majeur pour le développement préclinique et la recherche translationnelle, indique Ali Mousavi, premier auteur de l'étude. Cela permet de les tester sur les cellules mêmes du patient, mais sans effets secondaires sur la personne.» 

«Cette avancée nous rapproche d’une véritable santé de précision en permettant de choisir le meilleur médicament pour chaque personne avant même d’administrer le traitement», conclut Houman Savoji, chercheur principal.

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