À l’heure où les conflits internationaux se multiplient et où les relations avec notre voisin du Sud font régulièrement la manchette, l’éclairage de la recherche est précieux pour les médias.
C’est dans ce contexte que le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM) a tenu son colloque annuel les 29 et 30 janvier au campus MIL sur le thème «Quand l’international fait la une: tensions entre recherche et médias».
Des tensions exacerbées par la crise
Première constatation des panélistes: les réalités des journalistes et des chercheurs entrent souvent en collision. «Avant, j’avais une journée pour réfléchir à un enjeu avant d’émettre une opinion; maintenant, c’est deux heures!» a confié la journaliste et chroniqueuse politique Chantal Hébert à la conférence d’ouverture.
Paul Wells, chroniqueur politique et journaliste, a remarqué un changement dans les dernières années: «Contrairement à ce qu’on entend souvent, le public canadien a un appétit croissant pour l’actualité internationale.» Malgré cela, la crise des médias rend de plus en plus difficile l’envoi de correspondants à l’étranger. Même si les sujets internationaux sont toujours abordés sous l’angle canadien, «on n’a jamais entendu parler autant de politique internationale», a acquiescé Chantal Hébert, et ce, malgré le fait que les journalistes doivent toujours plus rapidement passer d’un sujet à l’autre. C’est là où entre en jeu le savoir des experts. «Je suis contente quand les chercheurs disent la même chose que moi!» a d’ailleurs dit la chroniqueuse. C’est que le travail des journalistes, au-delà de l’actualité et du direct, comprend aussi l’interprétation et la mise en contexte, a indiqué Paul Wells.