L’Université de Montréal a décerné un doctorat honoris causa à Françoise Barré-Sinoussi, figure majeure de la virologie et de la lutte contre le VIH. En 1983, à l’Institut Pasteur, elle découvre avec Luc Montagnier l’agent causal du sida, une avancée déterminante qui leur vaudra le prix Nobel de médecine en 2008.
Née à Paris en 1947, elle intègre en 1971 le laboratoire de Jean-Claude Chermann dans le service d’immunochimie de l’Institut Pasteur. Elle obtient un doctorat d’État en virologie en 1974, puis effectue un stage postdoctoral au National Cancer Institute, aux États-Unis. Elle est par la suite recrutée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale en France.
Elle mène toute sa carrière à l’Institut Pasteur. De 1974 à 1988, elle est membre du laboratoire du Dr Chermann dans l’unité d’oncologie virale dirigée par Luc Montagnier. En 1988, elle dirige son propre laboratoire, contribuant aux travaux pour mettre au point un vaccin et pour comprendre la pathogenèse du VIH. Elle dirigera successivement l’unité de biologie des rétrovirus (1992-2004), puis l’unité de régulation des infections rétrovirales (2005-2016).
Ses travaux ont donné lieu à quelque 270 publications originales dans des journaux scientifiques internationaux, à plus de 120 revues dans des livres et plus de 250 communications dans des congrès internationaux.
«Françoise Barré-Sinoussi, en tenant le VIH en échec, vous avez redonné un avenir à des millions de personnes. Vous avez permis à l’humanité d’entrevoir, enfin, la possibilité d’une guérison», a déclaré le recteur de l’UdeM, Daniel Jutras, à la remise du doctorat honorifique. La cérémonie s’est déroulée à l’Institut Pasteur, à Paris, devant une assemblée de scientifiques.
Le recteur a poursuivi en saluant l'exemple qu'elle incarne pour la relève: «Votre parcours est un moteur d’inspiration puissant pour nos jeunes chercheuses et chercheurs. Car la lutte contre le VIH est loin d’être terminée. De la recherche fondamentale à la santé publique, tant reste à accomplir: perfectionner les traitements, garantir l’accès aux soins, combattre la stigmatisation, renforcer l’éducation et la prévention.»