Elle s'appelle Mai. Elle a grandi à Montréal, dans une famille dont les racines plongent dans le Vietnam d'après-guerre: sa mère et sa grand-mère sont arrivées au Canada en 1980, portées par une vague de réfugiés qui avaient fui le pays lors de prise de Saigon, en 1975, par l’armée du Vietnam du Nord, sous régime communiste.
Des décennies plus tard, Mai continue de supporter, au quotidien, des regards, des commentaires et des gestes qui la ramènent à une image qu'elle n'a jamais choisie: celle de la femme asiatique soumise, exotique, disponible…
Mai est un personnage de fiction. Mais les expériences qu'elle traverse, transposées en bande dessinée, sont tirées de témoignages recueillis durant 18 ans au Québec et en France par Sophie Hamisultane, professeure à l'École de travail social de l'Université de Montréal – des récits de femmes asiatiques, mais aussi des fragments de sa propre vie. L'ouvrage a vu le jour grâce à un financement du Centre de recherche interdisciplinaire sur la justice intersectionnelle, la décolonisation et l'équité.
Héritages est le titre de la BD qu’elle cosigne avec Sandra Desmazières – auteure franco-vietnamienne lauréate du César du court métrage d'animation en 2026 –, en collaboration avec la professeure Roxane Caron et la doctorante Julie Quynh Nhi Tran, également de l’École de travail social de l’UdeM.