«Douce foule» ou la trajectoire de l’élan collectif vue par la danse contemporaine

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes La troupe Danse Université de Montréal explore l'influence du regard des autres en société à travers un spectacle présenté les 9, 10 et 11 avril au Centre d’essai de l’UdeM.

La troupe Danse Université de Montréal présente Douce foule, un spectacle de danse contemporaine conçu comme une partition collective qui met en valeur la diversité des corps et des parcours, cherchant une présence scénique à la fois puissante et poreuse.  

Elle donne à voir une communauté en mouvement où chaque geste individuel contribue à une vibration commune. Cette création originale, signée par la chorégraphe Morgane Guillou en collaboration avec les interprètes, sera présentée les 9, 10 et 11 avril au Centre d’essai de l’Université de Montréal. 

Danser le regard de l’autre 

La chorégraphe explique la thématique du spectacle: «Le regard des autres influence profondément la manière dont on se tient, dont on agit et même dont on se perçoit soi-même. Cette réflexion rejoint aussi une dimension plus sociale. Nous vivons dans des environnements où la visibilité et la performance sont constantes, que ce soit dans les lieux de travail – avec le concept d'open space –, l'architecture ou les interactions quotidiennes. À travers la danse, j'ai voulu me pencher sur cette tension entre exposition et liberté, entre le poids du regard et la possibilité de s'en affranchir notamment en jouant avec.» 

Elle ajoute: «Entre danse et jeux de regard, la chorégraphie explore ce que signifie observer et être observé dans un monde où tout semble visible. C'est une expérience intense, parfois frontale, parfois intime où le spectateur n'est jamais “juste” en train de regarder.» 

Le regard, sujet central du spectacle, résonne différemment chez chaque interprète. Alizée Dias, étudiante en neurosciences, précise: «Le spectacle tourne autour du regard; les différents types de regards et la manière dont ils peuvent influencer nos émotions, nos comportements et nos relations aux autres. Pour moi, ça parle beaucoup de perception, la façon dont on voit les autres, mais aussi la façon dont on se sent vus.» 

Une création issue de la diversité universitaire 

Accompagnés par la répétitrice Kimberley de Jong, les interprètes ont plongé dans un processus de création exigeant, alliant improvisation et composition chorégraphique.  

Louna Buty, étudiante en science politique, raconte: « Nous avons essayé beaucoup de choses afin de voir ce qui pourrait être exploitable, mais aussi pour connaître et apprendre nos limites et nos compétences. De plus, la chorégraphe travaille énormément sur l’idée d’interprétation et de jeu, ce qui nous laisse une marge de responsabilité et de mots sur le spectacle. La création est alors commune. Ainsi, le fait que la troupe est aussi ouverte et que nous nous entendons toutes bien ensemble permet une bonne cohésion et une absence de jugement.» 

Avec sa création Douce foule, la troupe Danse Université de Montréal propose une expérience à la fois vibrante, audacieuse et profondément humaine. 

La troupe regroupe des étudiantes de diverses disciplines, unies par leur passion commune pour la danse contemporaine. 

En plus de Louna Buty et d'Alizée Dias, les 12 autres membres de la troupe sont Philippine Cornet (design), Camille Dubois (musique), Lou Floczek (science politique), Elisabeth Galbraith (philosophie), Marie-Ange Goyette (sciences biologiques), Béatrice Lavallée (histoire), Alexanne Pacheco (sciences biologiques), Héloïse Soyer (sciences biologiques), Alicia Touil (science politique), Alexane Valence (biochimie), Lou Wider (études féministes, des genres et des sexualités) et Clara Wolfe (études cinématographiques). 

Cette diversité de programmes d’études enrichit la création et donne à la troupe une identité unique. 

Lueur en première partie du spectacle 

En première partie du spectacle, l’atelier Danse contemporaine III (Synapse) présente Lueur, une chorégraphie d’Ariane Dubé-Lavigne qui explore la manière d’être ensemble dans l’obscurité, ainsi que les mouvements inspirés par la douceur et la fluidité de la lumière d’une chandelle. 

Les huit interprètes de Synapse sont Annie Arcand, Konstantin Baibakov, Elpida Bokou Gianneli, Iffig Cariou, Marisol Lachat, Maéva Morellon, Aybuke Ozel et Racha Akila Zebeir. 

Partager