Briser les silos en sciences et génie des matériaux

En 5 secondes L’Académie en matériaux avancés propose une expérience de formation multidisciplinaire et pratique pour les étudiants en sciences et génie des matériaux.
La première cohorte étudiante de l'Académie en 2025, entourée de membres de la direction

Les sciences et le génie des matériaux ont pour objet l’étude de la relation entre la structure, les propriétés, le traitement et la performance des matériaux, et se situent au carrefour de nombreux domaines: physique, chimie et différentes branches du génie.  

Dans le cadre universitaire, les étudiantes et les étudiants qui s’y intéressent suivent leurs cours et réalisent leurs recherches dans des programmes distincts. Ainsi, ils se croisent et échangent rarement, malgré les nombreuses synergies possibles entre leurs travaux. 

C’est pour remédier à cette lacune qu’a été créée l’Académie en matériaux avancés (AMA), un réseau de formation qui réunit des étudiants et des étudiantes de plusieurs universités et de diverses disciplines liées aux matériaux. 

Mise sur les rails par le Regroupement québécois sur les matériaux de pointe et soutenu par le programme FONCER du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, l’AMA concerne quatre établissements: l’Université de Montréal, Polytechnique Montréal, l’Université McGill et l’Université de Sherbrooke.  

«L’Académie cherche à créer un espace commun, parallèle aux programmes d’études existants. Les étudiantes et étudiants font leur maîtrise ou leur doctorat dans leur département tout en se joignant à une cohorte interdisciplinaire dans laquelle ils peuvent échanger, collaborer et acquérir des compétences complémentaires», indique Delphine Bouilly, instigatrice du projet et professeure au Département de physique de l’UdeM. 

Tournée vers la multidisciplinarité  

Le programme de l’AMA ne remplace donc pas la formation «traditionnelle». L’objectif de l’Académie est plutôt d’offrir une formation transversale qui complète celle reçue dans les laboratoires. 

Les étudiants et les étudiantes participent ainsi à des activités et ateliers portant sur des compétences professionnelles plus larges: la communication scientifique, l’éthique de la recherche, la gestion de projet, l’entrepreneuriat, mais aussi sur la propriété intellectuelle, le développement durable, ainsi que l’équité, la diversité et l’inclusion. 

«L’idée est de fournir aux participants une “boîte à outils” qui les aidera à mieux naviguer dans leur carrière scientifique ou professionnelle. En brisant les silos entre les disciplines, les universités et les laboratoires, on espère favoriser l’émergence de collaborations et d’idées nouvelles», souligne Joaneve Milette, coordonnatrice de l’AMA. 

Faciliter la transition vers le marché du travail 

Un autre objectif clé de l’Académie est d’aider les étudiants et les étudiantes à mieux valoriser leurs compétences à l’extérieur du milieu universitaire. 

«Les formations en recherche préparent d’abord à devenir chercheuse ou chercheur. Mais les diplômés en sciences des matériaux trouvent souvent des emplois dans une grande variété d’entreprises technologiques. Leur défi est parfois de reconnaître et d’expliquer les compétences acquises durant leur parcours», estime Joaneve Milette. 

Pour faciliter cette transition, l’AMA propose notamment des stages en entreprise ou à l’étranger ainsi que des séjours dans d’autres laboratoires. Ces expériences permettent d’élargir ses horizons et de mieux comprendre les différentes trajectoires professionnelles possibles. 

Car rappelons que, si les sciences et le génie des matériaux demeurent méconnus dans le grand public, ce domaine joue un rôle central dans la plupart des innovations technologiques, et ce, dans une multitude de secteurs. Par exemple, il est possible de concevoir des matériaux pour la production d’énergie verte, des polymères servant à des dispositifs médicaux ou encore des revêtements pour l’aérospatiale. Le domaine peut également concerner des technologies de communication, l’informatique avancée et même l’intelligence artificielle. 

«Dans une branche aussi vaste que les sciences des matériaux, les innovations naissent souvent au croisement de plusieurs champs de recherche», conclut Delphine Bouilly. 

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