Une étude publiée dans Nature Metabolism met en lumière un rôle insoupçonné des graisses dans le cerveau. Des équipes du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) et de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) montrent que les neurones disposent de leurs propres réserves lipidiques, essentielles à la régulation de l’énergie dans l’organisme.
Dirigés par les chercheurs Thierry Alquier, professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’UdeM, et Elizabeth Rideout, professeure agrégée à la faculté de médecine de la UBC, les travaux révèlent que ces réserves, appelées gouttelettes lipidiques, jouent un rôle clé à la fois dans la fonction neuronale et dans l’équilibre énergétique de l’organisme.
Une vision renouvelée du carburant cérébral
Le cerveau est reconnu comme un centre de contrôle majeur de l’appétit, du poids corporel et de l’utilisation de l’énergie. Pourtant, la manière dont les neurones gèrent leur propre carburant demeure peu comprise.
Jusqu’ici, le glucose était considéré comme la principale source d’énergie des neurones, tandis que les lipides étaient surtout associés à la structure des membranes et à la communication cellulaire. Les mécanismes permettant aux neurones de stocker et d’utiliser les graisses restaient largement méconnus.
Les gouttelettes lipidiques, organelles constituées principalement de triglycérides, avaient essentiellement été observées dans des contextes pathologiques, notamment dans des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Leur présence dans des neurones sains et leur rôle en conditions normales demeuraient peu étudiés.