Comment le genre, la couleur de la peau, la langue et la classe sociale, notamment, peuvent-ils influencer les parcours personnel et professionnel d’un individu? C’est pour répondre à cette question que Parité sciences a créé l’autoformation en ligne Parcours intersectionnels en science et génie.
Pour expliquer ce qu’est l’intersectionnalité, Mirjam Fines-Neuschild, cofondatrice de Parité sciences et coordonnatrice en équité, diversité et inclusion pour la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur les interactions lumière-matière dans les matériaux photoniques, part de ce qu’elle connaît.
«En science, un plus un font deux, mais lorsqu’on parle d’intersectionnalité, un plus un peuvent devenir bien plus parce que les réalités se combinent et engendrent de nouvelles formes d’inégalité», explique-t-elle.
Éduquer et donner des outils
L’autoformation de trois heures permet donc de comprendre ce qu’est l’intersectionnalité à travers sept voix fortes d’un vécu ou d’une expérience de travail ou de recherche qui se complètent.
«C’est un concept complexe, flou et fluide qui varie selon qui en parle et de qui l’on parle, indique Mirjam Fines-Neuschild. Pour bien l’illustrer, nous avons réalisé 13 capsules qui abordent différents aspects de l’expérience vécue. Chaque fois, on regarde les conséquences sur la personne, on donne l’occasion de se questionner par rapport à ses propres biais et manières d’agir, puis on propose des outils pour favoriser l’inclusion.»
Par exemple, l’autoformation traite d’hypervisibilité: en situation fortement minoritaire, les membres d’un groupe marginalisé deviennent hypervisibles; ces personnes sont surveillées et elles ressentent la pression d’agir de manière irréprochable pour représenter leur communauté de façon positive.
Une piste de solution? «On peut prendre un exemple positif et s’informer sur les réalités diverses de ce groupe minoritaire plutôt que de considérer automatiquement la personne comme la représentante de sa communauté», affirme-t-elle.
Une autre illustration présentée dans l’autoformation est une microagression vécue dans l’enfance par Leanne Betasamosake Simpson, écrivaine et musicienne autochtone. Lors d’une sortie scolaire à la cabane à sucre, on a décrit à son groupe deux façons de faire du sirop d’érable: une méthode moderne avec de l’équipement propre et une méthode autochtone avec une bûche creuse et une sève recouverte de saletés. Lorsqu’on a demandé aux élèves quelle méthode ils choisiraient, Leanne – unique enfant autochtone de la classe – a été la seule à choisir la méthode traditionnelle autochtone.
«La manière dont on présente le contenu du cours peut affecter les gens, dit Mirjam Fines-Neuschild. Cet exemple montre comment nos préjugés peuvent teinter ou non notre vision de ce qu’est la science et de ce qui ne l’est pas.»