Pourquoi les fleurs sont-elles si différentes les unes des autres? Une grande partie de la réponse est attribuable aux pollinisateurs: leurs préférences et leurs morphologies ont contribué à produire une diversité florale exceptionnelle quant à la forme, la taille, la couleur ou l’odeur en forçant les fleurs à s’adapter pour se reproduire efficacement.
Mais alors que les humains prolifèrent sur la planète, des écosystèmes naturels comme les forêts, les prairies ou les milieux humides sont détruits et remplacés par d’autres composés de surfaces imperméables. Les organismes vivants peuvent parfois s’accommoder de ces changements et conquérir les milieux urbains, comme les rats ou les cafards, tandis que d’autres, comme les pollinisateurs, présentent des réponses à l’urbanisation plus nuancées. Certaines espèces de pollinisateurs tolèrent ces environnements ou s’y accoutument, tandis que d’autres périssent, ce qui entraîne d’importants changements au sein des communautés.
Puisque les pollinisateurs présents dans les milieux urbains diffèrent souvent de ceux des milieux naturels, une question se pose: les plantes, par leurs fleurs, montrent-elles une adaptation à ces changements?
Une étude dirigée par Jérôme Burkiewicz, candidat au doctorat en sciences biologiques à l’Université de Montréal sous la supervision de Simon Joly, professeur au Département de sciences biologiques et chercheur au Jardin botanique de Montréal, révèle que les fleurs de l’impatiente du Cap seraient capables de s’adapter aux changements provoqués par l’urbanisation dans les communautés de pollinisateurs.