Quel est le rôle de la vitamine K dans la solidité des os?

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes Une équipe a découvert un mécanisme clé de la vitamine K expliquant son action sur le remodelage osseux chez la souris. Les prochaines recherches vérifieront si cela est transposable à l’humain.
Ces travaux constituent une première étape déterminante vers une meilleure compréhension du rôle de la vitamine K dans la santé osseuse humaine.

Bien connue pour son action essentielle dans la coagulation sanguine, la vitamine K pourrait aussi jouer un rôle beaucoup plus précis et important qu’on le croyait jusqu’ici dans la santé des os. Des chercheurs de l’Institut de recherches cliniques de Montréal et de l’Université de Montréal viennent en effet de mettre au jour un mécanisme biologique fondamental qui explique, pour la première fois, comment la vitamine K contribue à la régulation du remodelage osseux, un équilibre délicat entre formation et dégradation de l’os, qui est aussi indispensable à sa solidité.  

Menés dans le laboratoire du DMathieu Ferron, professeur-chercheur à la Faculté de médecine de l’UdeM, ces travaux désignent une protéine clé, GAS6, comme chaînon manquant entre la vitamine K et l’activité des cellules responsables de la résorption osseuse. Grâce à la vitamine K, la protéine GAS6 subit une modification cruciale appelée «gamma‑carboxylation», qui lui permet d’envoyer des signaux efficaces aux cellules voisines.

En amont du remodelage osseux

L’équipe de recherche a démontré que la protéine GAS6 agit directement sur les préostéoclastes, des cellules immatures destinées à devenir des ostéoclastes, les cellules spécialisées dans la dégradation de l’os. La protéine contrôle une étape critique de leur développement: leur fusion, nécessaire à la formation de grandes cellules multinucléées capables de résorber l’os efficacement. 

Lorsque ce mécanisme est perturbé chez la souris, la fusion des préostéoclastes est fortement réduite. Résultat: moins d’ostéoclastes actifs et des os plus denses. À l’inverse, une augmentation de la protéine GAS6 active entraîne une résorption osseuse accrue et une diminution de la densité osseuse. 

Une découverte qui clarifie des années d’observations cliniques 

Depuis plusieurs années, des études chez l’humain montrent qu’un apport adéquat en vitamine K est associé à une réduction du risque de fractures et, dans certains cas, à une meilleure santé osseuse. Toutefois, ces données reposaient surtout sur des études populationnelles, sans explication biologique claire, ce qui a conduit à des résultats parfois contradictoires lors des essais de supplémentation. 

«Nos résultats fournissent une base moléculaire solide pour comprendre ces observations, indique le DFerron. Ils révèlent précisément comment la vitamine K influence l’équilibre entre la formation de l’os et sa résorption en agissant sur une étape cellulaire clé.» 

Des perspectives nouvelles pour la prévention des fractures 

Bien que ces travaux aient été réalisés sur des souris, ils constituent une première étape déterminante vers une meilleure compréhension du rôle de la vitamine K dans la santé osseuse humaine. Les prochaines recherches viseront à déterminer si ce mécanisme est également présent dans les cellules osseuses humaines et si les variations du statut en vitamine K ou de l’activité de la protéine GAS6 sont liées au risque de fractures. 

À plus long terme, cette découverte pourrait ouvrir la voie à des approches thérapeutiques plus ciblées que la simple supplémentation nutritionnelle qui moduleraient directement les acteurs moléculaires de la résorption osseuse chez les personnes à risque d’ostéoporose.

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