L’équipe de recherche a démontré que la protéine GAS6 agit directement sur les préostéoclastes, des cellules immatures destinées à devenir des ostéoclastes, les cellules spécialisées dans la dégradation de l’os. La protéine contrôle une étape critique de leur développement: leur fusion, nécessaire à la formation de grandes cellules multinucléées capables de résorber l’os efficacement.
Lorsque ce mécanisme est perturbé chez la souris, la fusion des préostéoclastes est fortement réduite. Résultat: moins d’ostéoclastes actifs et des os plus denses. À l’inverse, une augmentation de la protéine GAS6 active entraîne une résorption osseuse accrue et une diminution de la densité osseuse.
Une découverte qui clarifie des années d’observations cliniques
Depuis plusieurs années, des études chez l’humain montrent qu’un apport adéquat en vitamine K est associé à une réduction du risque de fractures et, dans certains cas, à une meilleure santé osseuse. Toutefois, ces données reposaient surtout sur des études populationnelles, sans explication biologique claire, ce qui a conduit à des résultats parfois contradictoires lors des essais de supplémentation.
«Nos résultats fournissent une base moléculaire solide pour comprendre ces observations, indique le Dr Ferron. Ils révèlent précisément comment la vitamine K influence l’équilibre entre la formation de l’os et sa résorption en agissant sur une étape cellulaire clé.»
Des perspectives nouvelles pour la prévention des fractures
Bien que ces travaux aient été réalisés sur des souris, ils constituent une première étape déterminante vers une meilleure compréhension du rôle de la vitamine K dans la santé osseuse humaine. Les prochaines recherches viseront à déterminer si ce mécanisme est également présent dans les cellules osseuses humaines et si les variations du statut en vitamine K ou de l’activité de la protéine GAS6 sont liées au risque de fractures.
À plus long terme, cette découverte pourrait ouvrir la voie à des approches thérapeutiques plus ciblées que la simple supplémentation nutritionnelle qui moduleraient directement les acteurs moléculaires de la résorption osseuse chez les personnes à risque d’ostéoporose.