Le Télescope géant européen (ou ELT pour Extremely Large Telescope), actuellement en construction au Chili, sera bientôt le télescope optique et infrarouge le plus puissant jamais construit sur la planète.
Une équipe dirigée par l'Université de Montréal, l'Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) et l’Institut Trottier de recherche sur les exoplanètes (IREx), en partenariat avec l’Université de la Colombie-Britannique, vient de recevoir une subvention de 11,3 M$ de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), de 5,7 M$ du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec (MES), de 3,8 M$ du gouvernement de l’Ontario et de 1,8 M$ (en voie d’approbation ) du gouvernement de la Colombie-Britannique afin de soutenir la contribution des scientifiques canadiens à l’instrument ANDES du télescope géant.
Avec ses 39 m de diamètre, l’ELT sera le premier d’une nouvelle classe de «télescopes géants», capables d’observer l’Univers avec un niveau de détail sans précédent. Il ouvrira une nouvelle fenêtre sur tout, des exoplanètes proches aux galaxies les plus lointaines.
Le financement de la FCI, qui constitue la sixième subvention en importance accordée à l’issue du concours 2026 de l’organisme, subvention doublée par le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique, garantira au Canada un rôle majeur dans la construction du télescope.
Des observations astronomiques à ne pas rater pour le Canada
Le Canada n’est actuellement pas membre de l’Observatoire européen austral (ESO), l’organisation chargée de la construction et de l’exploitation de l’ELT. Cependant, grâce à cet investissement dans ANDES, les astronomes canadiens bénéficieront d’un accès garanti au télescope, ce qui n’aurait pas été possible autrement.
«Il s’agit d’un moment décisif pour l’astronomie canadienne, qui propulse le Canada dans un rôle de premier plan au sein de ce qui pourrait devenir le plus puissant télescope terrestre jamais construit», déclare René Doyon, directeur de l’OMM et de l’IREx, professeur à l’UdeM et cochercheur principal dans la contribution canadienne à ANDES.
Depuis des décennies, l’accès à un très grand télescope optique est considéré comme une priorité absolue pour le Canada, notamment dans le plan à long terme de la Société canadienne d’astronomie pour les années 2020.
«Compte tenu des retards affectant d’autres projets internationaux, l’ELT représente la seule voie à court terme permettant aux scientifiques canadiens de participer à cette nouvelle ère de découvertes. Sans cette contribution, ils risquaient d’être exclus de certaines des observations astronomiques les plus importantes de la prochaine décennie», ajoute le professeur Doyon.