Ils sont dans l’air, l’eau, les aliments, les organismes vivants. Ce sont des métaux, des microplastiques, des pesticides, des nanoparticules, des produits pharmaceutiques. Ils peuvent causer des dommages systémiques et irréversibles à la santé humaine et aux écosystèmes.
Ce sont les contaminants d’intérêt émergent, ces substances toxiques qui inquiètent en raison de leur persistance et de leur accumulation. Comme leur potentiel destructif existe même à de très faibles concentrations, leur analyse nécessite expertises et appareils sophistiqués.
Une mission que se sont donnée les équipes de recherche derrière la Plateforme pour l’analyse des contaminants d’intérêt émergent, hébergée au Complexe des sciences de l’Université de Montréal.
Des laboratoires conçus pour l’ultratrace
Née de la création du campus MIL, cette plateforme réunit les laboratoires d’analyse de nanomatériaux de Kevin Wilkinson (Département de chimie), de métaux et de microplastiques de Marc Amyot (Département de sciences biologiques), des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) de Sébastien Sauvé (Département de chimie) et de particules atmosphériques de Patrick Hayes (Département de chimie).
Elle est conçue pour permettre des analyses extrêmement fines. Les équipes de recherche y travaillent sur des contaminants présents à des concentrations infimes, parfois à l’échelle nanomolaire, voire inférieure.
À ces niveaux, la moindre contamination extérieure peut compromettre les résultats. Pour maintenir un environnement ultrapropre et stérile, la structure est composée de plusieurs salles blanches – des lieux clos où l’air est filtré en continu et où la température, l’humidité et la pression sont contrôlées.
Aussi, le degré de propreté augmente à mesure qu’on progresse dans les laboratoires et plusieurs hottes à flux laminaire – munies de filtres à air de très haute efficacité – ont été installées. Pour l’analyse de contaminants organiques, les surfaces sont en acier inoxydable, alors que tout est en plastique pour celle des inorganiques.
Cette structure d’une extrême propreté permet ainsi de mesurer des substances à des concentrations exprimées en partie par milliard et en partie par billion. «Depuis que nous avons déménagé du pavillon Roger-Gaudry au campus MIL, nous pouvons analyser des concentrations 10 fois plus faibles», confirme avec enthousiasme Kevin Wilkinson.