Et si l'énergie produite par les éoliennes en hiver pouvait être stockée jusqu'en juillet pour être libérée lors des canicules estivales? C'est ce que laisse présager la découverte d’une molécule organique capable de conserver sa charge pendant des mois sans pratiquement aucune perte.
Baptisée AzoBiPy, cette molécule a été mise au point par une équipe de recherche du Département de chimie de l'Université de Montréal en collaboration avec une équipe de l’Université Concordia et a récemment fait l’objet d’une publication dans le Journal of the American Chemical Society.
Testée en laboratoire pendant 70 jours dans une batterie à flux rédox, cette molécule s’est avérée très stable, ne perdant que 0,02 % de sa capacité par jour. Elle présente également la particularité de pouvoir stocker deux fois plus d'énergie que la plupart des molécules similaires et affiche une solubilité élevée dans l'eau, deux propriétés essentielles pour maximiser l'efficacité des systèmes de stockage à grande échelle.
Les travaux de l’équipe, dirigée par les professeurs Hélène Lebel et Dominic Rochefort, de l’UdeM, et par le professeur Marc-Antoni Goulet, de l’Université Concordia, s'inscrivent dans la recherche de solutions pour pallier l'intermittence des énergies solaire et éolienne, un obstacle majeur à leur pleine intégration dans les réseaux électriques.