Bouger et dialoguer en classe: les ambitions de la nouvelle génération d’enseignants

En 5 secondes Au colloque 2026 de la FSE, de futurs enseignants ont présenté des projets axés sur le mouvement, le dialogue et la collaboration pour mieux mobiliser les élèves.

Chaque année, le colloque des étudiantes et étudiants de quatrième année des baccalauréats de la Faculté des sciences de l’éducation (FSE) de l’Université de Montréal marque la fin de leur parcours de formation. Crédité et intégré aux programmes, l’évènement les amène à travailler en équipe sur une question pédagogique et à expérimenter une démarche de recherche liée à leur future pratique. 

Le 30 avril, au pavillon Marie-Victorin, la cohorte 2026 a présenté près d’une centaine de projets dans un concours d’affiches. Les thèmes abordés allaient de l’effet des outils numériques sur l’écriture au primaire à la place de la littérature jeunesse en classe d’accueil en passant par l’amorce des devoirs en classe et son influence sur l’autonomie des élèves à la maison. 

Ce rendez-vous met en lumière les préoccupations d’une relève enseignante engagée, soucieuse de mieux comprendre les défis du terrain et d’y apporter des réponses concrètes. 

Voici deux projets qui ont retenu notre attention. 

Quand bouger aide à apaiser les tensions

La violence est bien présente dans les écoles: intimidation, comportements perturbateurs, manque d’inclusion… Plusieurs jeunes y sont exposés parfois sans même en être conscients.  

Frédéric et son équipe, du baccalauréat en enseignement de l’éducation physique et à la santé, ont exploré les sports d’opposition. Ils cherchaient à savoir si ce type d’activité peut réduire les comportements perturbateurs chez des élèves de 6e année, comme le laissent entrevoir certaines études récentes.  

L’idée est simple: proposer des jeux d’opposition entre élèves de même genre et de gabarit similaire – comme attraper un foulard en duel ou tirer un ballon – pour les aider à mieux se comporter en classe et leur permettre de dépenser leur énergie tout en apprenant à la canaliser dans un cadre structuré et ludique. «J’avais l’impression que les jeunes avaient parfois un surplus d’énergie sans savoir comment le gérer», a expliqué Frédéric.  

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ces activités d’opposition reposent sur des valeurs fortes.  

«La base, c’est le respect: de soi, des autres et de l’arbitre», a-t-il précisé. Après six semaines d’ateliers, les résultats ont été concluants: diminution des comportements perturbateurs, élèves plus calmes et meilleure gestion des émotions. «Ils nous disaient que ça les aidait à se discipliner», a-t-il ajouté.  

Au-delà du comportement, ces activités ont favorisé la communication et la coopération. «Les élèves apprennent à se parler et à comprendre que, même en opposition, l’objectif demeure collectif, a souligné Gabriel. Cette dynamique contribue à instaurer un climat de classe plus harmonieux.» 

Dialoguer pour mieux écouter

La question de la communication était également au cœur du projet de Jules et Kim, du baccalauréat en enseignement de la culture et de la citoyenneté québécoise au secondaire. Leur objectif: intégrer davantage de dialogue en classe à travers les communautés de recherche philosophiques (CRP). 

Organisées en cercle, sans évaluation formelle, les CRP offrent un espace où les élèves peuvent réfléchir et échanger librement. Dans le contexte de la réforme du programme de culture et de citoyenneté québécoise (CCQ), anciennement Éthique et culture religieuse, l’équipe a voulu combler un manque en proposant des stratégies concrètes pour aider le personnel enseignant à animer ces discussions. 

Inspirées de la philosophie pour enfants du philosophe et pédagogue américain Matthew Lipman, les CRP aident les jeunes à penser par eux-mêmes et à structurer leurs idées pour mieux communiquer. Malgré leur potentiel, leur implantation dans les écoles reste un défi faute d’outils pour les enseignants et les enseignantes. 

Les résultats ont été encourageants. «Après nos CRP, nous avons observé une hausse de la participation des élèves en classe, a noté Jules. Au début, les élèves voulaient surtout tout dire pour être certains d’avoir une bonne note. Et peu à peu, ils ont commencé à laisser l’autre s’exprimer et à rebondir sur ses idées. Il y avait une vraie écoute… C’est peut-être étrange à dire, mais le dialogue a vraiment fait naître cette écoute.»  

Dans un contexte où les jeunes sont constamment exposés à une surabondance d’informations, ces moments sans écran deviennent précieux.  

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