Bruno Poellhuber et Normand Roy, professeurs titulaires au Département de psychopédagogie et d’andragogie de l’Université de Montréal, font aussi partie des enthousiastes. Axant leurs recherches sur les possibilités pédagogiques des technologies émergentes, ils connaissent très bien le potentiel, les promesses et les limites de l’IA.
Dans un récent séminaire d’innovation, les professeurs ont demandé de concevoir une expérience éducative devant intégrer l’IA et la réalité virtuelle. Avant de se lancer, les étudiantes et étudiants ont été formés quant aux risques et aux défis de ces technologies, tels que la désinformation, l’hallucination, la collecte de renseignements personnels ou encore l’empreinte écologique. Les enseignants ont été impressionnés par l’ingéniosité d’équipes ayant créé avec l’intelligence artificielle générative (IAG) des environnements virtuels eux-mêmes peuplés d’avatars animés par l’IAG capables de dialoguer en temps réel pour permettre des apprentissages aussi bien en biologie qu’en création littéraire.
«Depuis la pandémie, les étudiants et les étudiantes ont tendance à moins se présenter en classe, remarque Bruno Poellhuber. C’est d’autant plus vrai si le cours mise uniquement sur des approches magistrales classiques; ils ne veulent plus apprendre ainsi. Le mot clé, ici, c’est “apprentissage actif”.»
Cela résonne chez Julien Quang Le Van, professeur de clinique à la Faculté de pharmacie de l’UdeM, qui a la tâche d’enseigner aux groupes de première année les 50 médicaments les plus prescrits et leurs caractéristiques – nom commercial et appellation générique, classification, effets secondaires, dose typique, etc. Cherchant une façon ludique d’arriver à ses fins, il a commencé à demander à ses groupes d’utiliser Suno, un programme de production de musiques basé sur l’IA, pour composer des chansons avec le «palmarès» des 50 médicaments.
«C’est très aride comme matière, surtout lorsque l’on commence à peine le doctorat de premier cycle en pharmacie, souligne-t-il. Mais ensuite, avec toutes les chansons, je crée des listes de lecture qui peuvent être écoutées dans le métro par exemple et qui deviennent alors mnémotechniques.»