Un «exosquelette» qui transmet les forces mécaniques à la surface des cellules

En 5 secondes Une équipe de l’IRIC a découvert un réseau d’actine reliant plusieurs cellules de la peau capable de transmettre des forces mécaniques sur de longues distances.
Cellules épithéliales squameuses observées au microscope à des fins d'enseignement de l'histologie.

L’équipe de Gregory Emery, directeur de l’Unité de recherche en transport vésiculaire et signalisation cellulaire de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal, a mis en lumière une structure dynamique qui forme un réseau à la surface des cellules épithéliales. Ces travaux, menés par les doctorantes Claire Baudouin et Léa Marpeaux, font l’objet d’une publication dans le Journal of Cell Science.

L’étude montre que, dans certaines cellules de la peau, les fibres d’actine de cellules voisines peuvent s’assembler pour former un réseau commun à la surface du tissu. Ce réseau agirait comme une charpente collective qui peut se réorganiser lorsque les cellules se déplacent et transmettre des forces mécaniques d’une cellule à plusieurs autres.

Cette découverte contribue à mieux comprendre comment les tissus épithéliaux, telle la peau, parviennent à demeurer à la fois résistants, souples et capables de s’adapter aux mouvements.

Un réseau contractile reliant des dizaines de cellules

À l’aide de techniques de microscopie, l’équipe de recherche a repéré un réseau de filaments d’actine déployé à la surface de cellules épithéliales de la peau. Ce réseau comprend des carrefours en forme d’étoile et de longs câbles reliant des dizaines de cellules entre elles. Cette structure dite supracellulaire peut se contracter et produire une tension à la surface des cellules. Elle demeure également dynamique et se réorganise lorsque les cellules migrent collectivement.

Des forces transmises sur de longues distances

Les résultats des travaux indiquent que ce réseau d’actine est mobilisé dans la transmission des forces mécaniques sur de longues distances, jusqu’à 14 cellules plus loin. Les travaux apportent ainsi un nouvel éclairage sur les propriétés biomécaniques des tissus épithéliaux.

«Ces structures supracellulaires d’actine pourraient jouer un rôle essentiel dans la fonction de barrière assurée par ces tissus, souligne Gregory Emery, également professeur au Département de pathologie et biologie cellulaire de l’UdeM. Leur analyse pourrait améliorer notre compréhension de processus biologiques tels que la morphogenèse, c’est-à-dire la formation des tissus et des organes, ou la cicatrisation. Elles offrent également une nouvelle perspective pour explorer certaines maladies touchant les épithéliums.»

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